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avec AFP / Crédit photo : ERIK MARMOR / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP , modifié à
Alors que le Hamas avait, dans un premier temps, gelé le processus, le Qatar a finalement annoncé qu'un deuxième groupe d'otages seraient bel et bien libérés "ce (samedi) soir". Ce deuxième groupe est arrivé en territoire israélien peu après 23h, heure de Paris.

Plusieurs otages du Hamas devaient être libérés en échange de prisonniers palestiniens ce samedi, au deuxième jour de la trêve entre le mouvement terroriste et Israël qui offre un fragile répit aux habitants de Gaza après sept semaines de guerre. Mais en fin d'après-midi, ce samedi, le Hamas a annoncé qu'il gelait la libération de ces otages jusqu'à ce qu'Israël "respecte l'accord". Un peu plus tard dans la soirée, le Qatar a finalement annoncé que le deuxième groupe d'otages, composés de 13 Israéliens, serait bel et bien libéré "ce (samedi) soir. Ce que le Hamas a rapidement confirmé. Les otages ont, par la suite, été remis à la Croix-Rouge.

Cette trêve de quatre jours renouvelable, obtenue mercredi par le Qatar avec l'appui des Etats-Unis et de l'Egypte, prévoit la libération de 50 otages retenus dans la bande de Gaza et de 150 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Les informations à retenir :

  • Un nouveau groupe d'otages, composé de 13 Israéliens, a été libéré ce samedi soir.
  • Le Hamas avait dans un premier temps gelé le processus, estimant qu'Israël ne respectait pas l'accord
  • 24 otages ont été libérés vendredi
  • 200 camions chargés d'aide sont entrés à Gaza

Israël annonce la libération de 39 prisonniers palestiniens

L'Autorité pénitentiaire israélienne a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir libéré 39 prisonniers palestiniens. Ces derniers sont tous des femmes et des adolescents de moins de 19 ans, comme les otages libérés sont tous des femmes et des enfants. L'accord est censé durer quatre jours et permettre la libération de 50 Israéliens et de 150 Palestiniens.

Le deuxième groupe d'otages est arrivé en Israël

Un deuxième groupe d'otages libérés par le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui les retenait dans la bande de Gaza, est arrivé en Israël samedi soir, a annoncé l'armée israélienne. Selon les autorités égyptiennes et israéliennes, 13 otages israéliens et quatre Thaïlandais ont été relâchés. Leur libération, retardée une partie de la journée, a fini par être débloquée dans le cadre de l'accord de trêve entre Israël et le Hamas.

Le Hamas dit avoir remis les otages à la Croix-Rouge, Israël confirme

Les brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement palestinien Hamas, ont annoncé samedi dans un communiqué avoir remis 13 otages israéliens et sept étrangers au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), peu avant minuit, l'heure limite pour respecter l'accord avec Israël. Les otages sont désormais "en route pour le terminal de Rafah" vers l'Egypte, a indiqué de son côté l'armée israélienne. Trente-neuf prisonniers palestiniens, des femmes et des adolescents de moins de 19 ans incarcérés par Israël, devaient être libérés dans la foulée.

20 otages, dont 13 Israéliens, vont être libérés "ce soir", indique le Qatar

Le Qatar, à la manoeuvre dans les négociations ayant abouti à l'accord entre Israël et le Hamas, fait savoir, ce samedi soir, que 20 otages, dont 13 Israéliens, seront libérés "ce soir", en échange de 39 prisonniers palestiniens. "Après un délai, les obstacles pour relâcher les prisonniers ont été surmontés à travers des contacts qatari-égyptiens avec les deux camps, et 39 civils palestiniens seront relâchés ce soir, alors que 13 otages israéliens quitteront Gaza avec sept étrangers", a déclaré sur X le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari.  

Dans un communiqué, le Hamas a indiqué avoir "répondu positivement aux efforts égyptiens et qataris qui ont duré toute la journée". Il a précisé avoir obtenu d'Israël un "engagement" notamment sur l'acheminement d'aide humanitaire dans le nord de la bande de Gaza et la libération de prisonniers palestiniens incarcérés de longue date.

Quid de l'état de santé des otages ?

Bien qu'ils soient épuisés physiquement et psychologiquement après 49 jours de captivité, les otages libérés par le Hamas affichent un état de santé stable, comme l'a confirmé la médecin-cheffe de l'hôpital Schneider où huit d'entre eux sont en convalescence. Elle précise toutefois qu'une attention toute particulière leur est apportée, alors que ces otages ont passé la plupart de leur captivité dans l'obscurité des tunnels du Hamas.

Stupéfaction à Tel-Aviv sur la place où se rassemblent les familles d'otages

"C'est impossible de faire confiance à l'organisation terroriste dans ces négociations", a réagi au micro d'Europe 1 une Franco-israélienne à Tel-Aviv. Sur l'esplanade où les familles d'otages ont l'habitude de se retrouver chaque jour, la stupéfaction prédomine. L'angoisse et la colère aussi alors qu'un cadran indiquant le nombre de jours et d'heures de captivité des otages à Gaza a été installé. 

Le Hamas retarde la libération des otages

Le mouvement terroriste du Hamas a indiqué ce samedi qu'il retardait la libération du deuxième groupe d'otages retenus dans la bande de Gaza jusqu'à ce qu'Israël "respecte l'accord" entré en vigueur la veille. Les brigades Ezzedine al-Qassam réclament notamment "l'entrée des camions d'aide humanitaire dans le nord de la bande de Gaza" et le respect des "critères de sélection" pour la libération des prisonniers palestiniens, ont-elles indiqué dans un communiqué. Des responsables israéliens ont confirmé à l'AFP que les otages n'avaient pas encore été confiés au Comité international de la Croix-Rouge. 

24 otages libérés

Une vidéo de deux minutes diffusée par le Hamas a montré vendredi des hommes masqués, armés de fusils, portant des treillis militaires et le bandeau vert de la branche armée du mouvement remettre les otages à la Croix-Rouge internationale.

Ces 24 premiers otages (13 Israéliens, dix Thaïlandais et un Philippin) sont ensuite arrivés en Israël via l'Egypte. Israël a de son côté libéré 39 Palestiniens détenus dans ses prisons. "Ce n'est qu'un début, mais pour l'instant cela se passe bien", a déclaré vendredi le président américain Joe Biden, ajoutant qu'il existe de "vraies chances" de prolonger la trêve. "Ces prochains jours, nous nous attendons à ce que des douzaines d'otages retrouvent leurs familles", a-t-il estimé.

Le Qatar doit annoncer samedi combien d'otages et de prisonniers doivent être libérés dans la journée. Les autorités israéliennes ont indiqué avoir reçu la liste, mais n'en a précisé ni le nombre ni l'heure prévue de leur libération. "Il reste approximativement 215 otages dans Gaza", a déclaré le porte-parole de l'armée israélienne Doron Spielman. "Nous ne savons pas, dans de nombreux cas, s'ils sont morts ou vivants", a-t-il ajouté.

Parmi les otages restants se trouvent encore 20 ressortissants thaïlandais, a indiqué samedi le ministère thaïlandais des Affaires étrangères, en espérant qu'ils "seront traités humainement et libérés sains et saufs le plus tôt possible".

Les visages souriants des premiers otages libérés

À Tel-Aviv, des visages souriants d'otages libérés étaient projetés vendredi soir sur la façade du musée d'Art, avec les mots : "Je suis de retour à la maison". Et près d'un hôpital de Petah Tikva, dans la banlieue de Tel-Aviv, des personnes ont applaudi et brandi des drapeaux israéliens à l'approche des deux hélicoptères transportant des otages libérés. "Nous sommes très émus", commente Noa Halpern, venue avec sa famille. "Nous souhaitons que tout le monde rentre chez soi sain et sauf".

"Je suis heureux d'avoir retrouvé ma famille. Ressentir de la joie est permis et il est permis de verser une larme. C'est humain", déclare Yoni Asher, qui vient de retrouver son épouse Doron et ses deux filles de deux et quatre ans, dans une vidéo diffusée par le Forum des familles d'otages. "Mais je ne fais pas la fête, je ne ferai pas la fête tant que les derniers otages ne seront pas rentrés à la maison", ajoute-t-il. Son épouse Doron a perdu sa mère lors de l'attaque, et son frère et le compagnon de sa mère sont toujours otages à Gaza. "Des jours difficiles m'attendent encore", dit-il.

L'armée israélienne estime qu'environ 240 personnes ont été enlevées par le Hamas lors de l'attaque sanglante menée par l'organisation terroriste en territoire israélien le 7 octobre. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui fait de la libération des otages un préalable à tout cessez-le-feu, s'est dit vendredi déterminé à toutes les ramener en Israël.

Avant les 24 otages libérés vendredi, le Hamas avait déjà relâché quatre personnes, et l'armée israélienne en avait récupéré une autre. Deux autres captifs, dont une soldate, ont été retrouvés morts dans Gaza par les troupes israéliennes.

Des scènes de liesse en Cisjordanie

En Cisjordanie occupée, des scènes de liesse ont accompagné le retour des prisonniers palestiniens libérés par Israël, comme à Beitunia ou plus au nord, dans le camp de réfugiés de Naplouse. Sous les slogans, au milieu des feux d'artifice, des drapeaux palestiniens et des différents mouvements dont l'étendard vert du Hamas, les détenus libérés embrassent leurs familles et pleurent dans les bras de parents émus.

A Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967, toute célébration a en revanche été interdite. Dans la maison familiale du quartier de Beit Hanina, Marah Bakir, 24 ans dont huit passés en prison pour tentative de meurtre sur un garde-frontière israélien, enchaîne les interviews. "Je suis heureuse mais ma libération s'est faite au prix du sang des martyrs", affirme-t-elle, évoquant les milliers de Palestiniens tués dans les bombardements sur Gaza. "J'ai passé la fin de mon enfance et mon adolescence en prison, loin de mes parents et de leurs câlins, mais c'est comme ça avec un Etat qui nous oppresse et ne laisse aucun de nous tranquilles", ajoute-t-elle.

Selon les autorités israéliennes, 1.200 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées le 7 octobre lors de l'attaque du Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël. En représailles, Israël a bombardé sans relâche le territoire palestinien et y a lancé le 27 octobre une offensive terrestre afin "d'éliminer" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007. Dans la bande de Gaza, 14.854 personnes, parmi lesquelles 6.150 enfants, ont été tuées par les frappes israéliennes, selon le gouvernement du Hamas.

1,7 million de personnes ont été déplacées selon l'ONU

La trêve offre un fragile moment de répit aux Gazaouis. Mais le fracas de la guerre a été remplacé par les klaxons des embouteillages et les sirènes des ambulances qui tentent de se frayer un chemin au milieu des déplacés quittant en masse des hôpitaux et des écoles où ils avaient trouvé refuge pour "rentrer chez eux". Plus de la moitié des logements du territoire ont été endommagés ou détruits, selon l'ONU, et 1,7 million de personnes ont été déplacées, sur les 2,4 millions que compte la bande de Gaza.

À Khan Younès, dans le sud du territoire, un homme âgé passe, un sac sur l'épaule. La voix enrouée, il dit avoir "confiance car c'est la trêve" et rentre enfin "au village", à Khouzaa, le long de la frontière avec Israël. Autour, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants marchent, s'entassent dans des voitures ou se laissent porter sur des carrioles. Mais des tracts lancés depuis les airs par l'armée israélienne préviennent : "la guerre n'est pas encore finie".

L'armée considère que le tiers nord du territoire, où se trouve la ville de Gaza, est une zone de combat et ordonne à tous les civils d'en sortir. "Revenir dans le Nord est interdit et très dangereux!!!", prévient le tract. Malgré cet avertissement, plusieurs milliers de Palestiniens ont tenté de rejoindre le nord de Gaza vendredi, selon l'agence des Nations unies chargée de la coordination humanitaire (Ocha). Toujours d'après l'Ocha, au moins une personne a été tuée et plusieurs dizaines blessées dans des incidents avec les forces israéliennes, qui ont ouvert le feu et lancé des gaz lacrymogènes sur des Palestiniens se dirigeant vers le nord.

200 camions chargés d'aide sont entrés à Gaza vendredi

La trêve doit en outre permettre l'entrée d'un plus grand nombre de convois d'aide humanitaire dans la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas en 2007 et en état de "siège complet" depuis le 9 octobre, Israël ayant coupé l'approvisionnement en eau, en nourriture, en électricité, en médicaments et en carburant.

Vendredi, 200 camions chargés d'aide sont entrés à Gaza, selon le service du ministère de la Défense israélien chargé des affaires civiles à Gaza. Il s'agit du "plus gros convoi humanitaire" depuis le début de la guerre, a souligné l'Ocha.