Emmanuel Macron demande à l'Iran la libération "sans délai" de deux chercheurs

  • A
  • A
Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne détenue en Iran
Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne détenue en Iran
Partagez sur :
Fariba Adelkhah, franco-iranienne, spécialiste du chiisme au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris, et Roland Marchal, français, spécialiste de la Corne de l'Afrique, lui aussi au CERI, ont été arrêtés en juin. Emmanuel Macron a demandé mardi au président iranien, Hassan Rohani, leur "libération sans délai". 

Emmanuel Macron a demandé mardi au président iranien, Hassan Rohani, "la libération sans délai" des deux chercheurs retenus en Iran, dont Fariba Adelkhah, contre laquelle l'accusation d'espionnage a été levée. "Prenant acte des récents développements", Emmanuel Macron a "appelé à la libération sans délai de nos compatriotes Fariba Adelkhah et Roland Marchal", indique l'Elysée à l'issue d'un entretien téléphonique entre les deux présidents portant également sur la situation tendue dans la région.

Fariba Adelkhah, franco-iranienne, spécialiste du chiisme au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris, et Roland Marchal, français, spécialiste de la Corne de l'Afrique, lui aussi au CERI, ont été arrêtés en juin. Paris ne cesse depuis de réclamer leur libération. Les autorités judiciaires iraniennes ont levé l'accusation d'espionnage visant Fariba Adelkhah, a annoncé mardi son avocat Saïd Dehghan, se réjouissant de l'abandon de ce chef d'accusation pouvant être passible, dans certains cas, de la peine de mort.

Poursuivie pour "propagande" et "collusion"

La chercheuse reste néanmoins poursuivie pour deux autres chefs d'accusation : "propagande contre le système" politique de la République islamique, et "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale", selon l'avocat. La première accusation est passible de trois mois à un an d'emprisonnement, la seconde, de deux à cinq ans. Roland Marchal est poursuivi lui aussi pour "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale".
Face aux demandes répétées de Paris pour leur libération, Téhéran dénonce ce qu'il présente comme une ingérence dans ses affaires intérieures.

Les arrestations d'étrangers se multiplient 

L'Iran ne reconnaît pas la double nationalité. Les arrestations d'étrangers en Iran, notamment binationaux, accusés souvent d'espionnage, se sont multipliées depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de dures sanctions américaines contre Téhéran. La France a de nouveau appelé "l'Iran à s'abstenir de toute mesure de nature à aggraver l'escalade en cours" dans la région après l'assassinat d'un général iranien par une frappe américaine en Irak.

Selon le CERI, Fariba Adelkhah et une universitaire australienne, Kylie Moore-Gilbert, détenue avec elle à la prison d'Evin à Téhéran, ont entamé une grève de la faim illimitée le 24 décembre. Me Dehghan a indiqué mardi que Fariba Adelkhah poursuivait cette grève de la faim.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP