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Emmanuel Macron attendu en Syrie en fin de semaine, la première visite d'un président français depuis 2009

Le président français devrait se rendre en Syrie en fin de semaine. [Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Il s'agira de la première visite en Syrie d'un président français depuis Nicolas Sarkozy, avant la répression du printemps arabe par Bachar al-Assad. L'enjeu est primordial pour les deux pays. Économique pour la Syrie et sécuritaire pour la France, où le sort des derniers djihadistes français sur le territoire devrait être soulevé.

Emmanuel Macron est attendu en Syrie. L'annonce, d'abord faite par la présidence syrienne, a été confirmée par l’Élysée. Le chef de l'État français devrait rallier Damas probablement en fin de semaine. Avec ce voyage, Emmanuel Macron deviendra le premier chef d'État d'une puissance occidentale à se rendre en Syrie depuis l'arrivée au pouvoir, fin 2024, du nouveau président syrien Ahmad al-Chareh.

Il s’agit d’un déplacement à forte portée symbolique : aucun président français ne s'est rendu en Syrie depuis Nicolas Sarkozy en 2009. Pour rappel, les relations diplomatiques entre les deux pays avaient été totalement rompues à la suite de la violente répression du Printemps arabe par le régime de Bachar al-Assad.

Reconstruction économique et défis sécuritaires

Le président français avait ouvert la voie à un rapprochement progressif ces derniers mois. En mai 2025, il avait notamment reçu à l’Élysée Ahmad al-Chareh, pourtant ancien commandant djihadiste.

Le chef de l'État ne fera pas ce déplacement seul. Il sera accompagné d’une délégation économique importante, avec des investisseurs et représentants d’entreprises françaises. Pour la Syrie, l’enjeu majeur de cette visite est avant tout économique.

"On ne peut pas effacer son ADN initial islamo-djihadiste. Et effectivement, avec sa prise du pouvoir, il y a aussi la réalité du pouvoir. Il sait qu'il a besoin, pour faire redémarrer son pays, de donner des gages. Après une décennie de guerre civile, un pays en ruine, il y a tout un intérêt à favoriser sa stabilisation", analyse David Rigoulet-Roze, chercheur à l'institut français d'analyse stratégique et chercheur associé à l'EISMENA.

Derrière les opportunités de reconstruction économique, d'autres dossiers brûlants pèsent sur ce voyage. La question sécuritaire reste entière, tout comme celle, particulièrement sensible pour Paris, du sort des derniers djihadistes français encore présents sur le territoire syrien.