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À Brégançon, Emmanuel Macron refuse de se comporter en président sortant

Pour son dernier été à la tête de l’État, Emmanuel Macron continue de suivre les dossiers depuis le fort de Brégançon. Incendies, tensions au Moyen-Orient, coups de fil diplomatiques : le chef de l’État veut agir jusqu’au bout, mais dans son camp, certains s’inquiètent. [Amaury Cornu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Pour son dernier été à la tête de l’État, Emmanuel Macron continue de suivre les dossiers depuis le fort de Brégançon. Incendies, tensions au Moyen-Orient, coups de fil diplomatiques : le chef de l’État veut agir jusqu’au bout, mais dans son camp, certains s’inquiètent. 

C’est son dernier été à la tête de l’État. Et pourtant, dans l’attitude d’Emmanuel Macron, rien ne semble vraiment annoncer la fin. Depuis le fort de Brégançon, où il passe une partie de l’été, le chef de l’État continue d’enchaîner les dossiers et les coups de fil, comme si le temps présidentiel n’avait pas de terme. 

À Brégançon, le programme reste bien réglé. En journée, course à pied et jet-ski. Le soir, retour au travail. Emmanuel Macron suit de près les incendies dans le Var et en Gironde. Il multiplie aussi les échanges avec ses homologues du Moyen-Orient, dans l’espoir d’apaiser les tensions avec l’Iran. Un été presque normal pour le président de la République.

L’attitude du chef de l’État commence à interroger

Trop normal, même, aux yeux de certains proches. Dans son propre camp, l’attitude du chef de l’État commence à interroger. Plusieurs responsables s’inquiètent de le voir agir comme si son départ de l’Élysée n’approchait pas. Un ministre, cité par Paris Match, résume cette inquiétude de manière très directe. "Il pense être éternel, comme s’il lui restait encore trois mandats à l’Élysée", a-t-il déclaré à Europe 1.

Ce même ministre affirme même avoir dû rappeler au président la réalité du calendrier politique. "Que tu le veuilles ou non, il va falloir que tu partes", aurait-il rapporté. Emmanuel Macron, lui, refuse d’être réduit au statut de président sortant. Il veut encore agir, jusqu’à la dernière seconde, assure son entourage. Une volonté d’action intacte, même si l’absence de majorité à l’Assemblée nationale bloque ou ralentit une grande partie des dossiers.

Reste une autre question, plus politique encore : Emmanuel Macron s’impliquera-t-il dans la prochaine présidentielle ? Officiellement, le chef de l’État s’y refuse. Mais dans son entourage, certains n’y croient qu’à moitié. "Ça le démange", a confié un proche du chef de l'État. Après avoir tout décidé pendant dix ans, Emmanuel Macron aurait aussi du mal à rester spectateur de sa succession.