Emmanuel Macron se rend ce lundi sur la base militaire de l'Île longue, à Brest. Le chef de l’État y prononcera un discours sur la dissuasion nucléaire, exercice imposé à chaque président lors de son mandat. Le dernier avait eu lieu en 2020.
Dans un contexte de bouleversements géopolitiques, sa parole sera particulièrement scrutée. Depuis la base militaire de l'Île longue, à Brest, et devant un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, Emmanuel Macron tiendra un discours sur la dissuasion nucléaire. Des annonces concernant d'éventuelles évolutions de la contribution française à la sécurité de l’Europe sont envisagées.
Un contexte différent de 2020
En 2020, lors du dernier discours de ce genre, le chef de l’État avait ouvert la porte à un élargissement de la dissuasion nucléaire française, via notamment un dialogue stratégique et des exercices communs avec les pays européens qui le souhaitaient.
L’offre avait été largement ignorée, mais depuis, la prolifération des armes nucléaires, la guerre en Ukraine et la fin progressive du parapluie américain ont changé la donne. Autant d’éléments qui pourraient pousser le président à accélérer dans le sens d’une dissuasion européenne, sans que l’on sache à ce stade dans quelles proportions.
"Ce sera un moment important du mandat. Il y aura sans doute des bascules et des évolutions assez significatives", prévient seulement l’Élysée, qui insiste sur la dimension européenne présente, selon le Palais, dans tous les discours présidentiels depuis le général de Gaulle.
Le sujet, pierre angulaire de la souveraineté nationale, reste ultrasensible, car le cœur de la doctrine nucléaire réside dans la protection des intérêts vitaux de la France.