Le show de Donald Trump en annonçant la mort d'Al-Baghdadi

  • A
  • A
Donald Trump a fait le show dimanche en annonçant la mort du chef de l'Etat Islamique.
Donald Trump a fait le show dimanche en annonçant la mort du chef de l'Etat Islamique. © AFP
Partagez sur :
Le président américain a confirmé la mort du chef de l'État islamique dimanche, distillant de nombreux détails morbides. Et se mettant en avant. 

"J'ai tout vu, c'était comme regarder un film". Donald Trump avait les yeux brillants ce dimanche lorsqu'il a confirmé la mort du chef de l'État islamique Abou Bakr al-Baghdadi. L’ancien présentateur de télé-réalité était visiblement fasciné d’avoir assisté en direct au raid de ses forces spéciales, depuis la Situation Room. 

"Ils n’ont pas fait 'toc toc est-ce que je peux entrer', comme tout le monde, mais ils ont fait un magnifique trou dans le mur", a-t-il ainsi déclaré. Le président américain donné de nombreux détails sur la mort du chef de l'EI affirmant qu'il était "paniqué, criant, pleurant et gémissant". Impossible pour l'heure de savoir si cela est vrai. Donald Trump a joué les durs en donnant des descriptions morbides : "Son corps était mutilé, en morceaux". Aux partisans de Bagdadi,qu’il traite de loser et de chiots apeurés, il affirme que leur  chef "n’est pas mort en héros mais en lâche, tuant 3 enfants avec lui en activant sa veste d’explosifs". "Franchement, tout le monde devrait voir les images pour que ses fidèles voient qu’il est mort comme un chien", a-t-il ajouté. 

Une mort qui tombe à pic pour Donald Trump

Donald Trump a donc fait le show dimanche, distillant de nombreux détails, bien trop d'ailleurs au goût de ses propres services de renseignement. Si le président en a fait un tel événement, c'est que cette mort tombe à pic. Depuis des jours, il est critiqué de toute part, même dans propre son camp, pour son désengagement en Syrie. Alors, face aux critiques qui prédisent il laisse le champ libre à la résurgence de l'Etat islamique, Donald Trump répond en brandissant le scalp de son chef suprême. "Cela fait trois ans que je le veux, que je demande où est Baghdadi", a-t-il affirmé. Au passage, le président américain ne s'est pas privé de donner des leçons aux Européens qui ont osé critiquer sa stratégie : "La France, l’Allemagne, je leur ai dit : 'vous ne voulez pas reprendre vos djihadistes, je vais vous les déposer à la frontière, bonne chance pour les capturer'.

Le timing est également parfait pour un Donald Trump fragilité par la menace de l’impeachment. Car les Démocrates ont avancé à grand pas ces derniers jours, le président en a donc profité pour se payer une petite vengeance mesquine assurant ne pas avoir "prevenu les chefs démocrates" - bien que ce soit l'usage dans ces affaires-là -  car il craignait, dit-il, des "fuites". Sous-entendu : les Démocrates ne sont pas fiables. Baghdadi va ainsi devenir le nouveau cri de ralliement des Républicains derrière Donald Trump en campagne pour sa réélection dans un an.