Dominique de Villepin : Kofi Annan "n'hésitait pas à dire son fait aux plus grandes puissances"

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Dominique de Villepin a côtoyé Kofi Annan lors de ses mandats à l'ONU. Il se souvient d’un homme courageux, et d'un précieux soutien pour la paix.
INTERVIEW

Kofi Annan était qualifié par certains de "rock star de la diplomatie". Prix Nobel de la paix en 2001, le secrétaire général de l'ONU entre 1997 et 2006 est mort samedi à l'âge de 80 ans, emporté par une maladie.

"Apporter des réponses adaptées". Le Ghanéen était imposé comme l'une des plus grandes figures de la diplomatie internationale. En 2003, il était aux côtés de l'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, au moment où la France refusait d’engager ses troupes dans la guerre en Irak. "Il a cherché tout au long de sa carrière, et en particulier face à la crise irakienne, à apporter des réponses adaptées, n'écartant pas la force mais en ultime recours, mobilisant la communauté internationale et le système des Nations-Unies pour trouver les justes réponses", raconte celui qui était alors ministre des Affaires étrangères, au micro d'Europe 1.

Assumer ses responsabilités. Dominique de Villepin se souvient précisément des réticences de l'ancien secrétaire général des Nations-Unies à voir les pays s'engager dans la guerre en Irak. Kofi Annan "n'hésitait pas à dire son fait aux plus grandes puissantes". "On se souvient que dans son discours d'adieu en 2006 (lorsque son deuxième mandat à l'ONU a pris fin, ndlr), il avait fait référence à Harry Truman (33ème président des États-Unis, ndlr) en disant que la vocation des grandes puissantes n'était pas de dominer le monde, mais d'assumer leurs responsabilités vis-à-vis de la communauté internationale", se remémore-t-il.

"Il ressentait le message de la France". L'ancien bras droit de Jacques Chirac, lui-même ami de Kofi Annan, garde un moment précis en tête : celui où il s'est exprimé devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour défendre, au nom de la France, une position non-interventionniste en Irak, faisant ainsi fi des pressions américaines à s'engager dans un conflit militaire. "Je n'oublierai pas qu'au moment où j'ai terminé le discours, il s'est penché vers moi alors que quelques applaudissements commençaient, en me disant qu'il ressentait ce message de la France, il le vivait et participait de cet engagement très fort sur la scène mondiale", rapporte Dominique de Villepin.

Comme lui, de nombreux chefs d'État et diplomates ont salué ce défenseur de la paix.

Europe 1
Par Rémi Bostsarron, édité par Anaïs Huet