États-Unis : des pro-Trump envahissent le Capitole, Biden dénonce "une insurrection"

Des manifestants pro-Trump ont fait irruption dans le Congrès.
La réunion exceptionnelle du Congrès pour certifier la victoire de Biden a été interrompue. © Saul LOEB / AFP
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Europe 1 avec AFP , modifié à
Des heurts ont éclaté mercredi à Washington après l'irruption de manifestants pro-Trump dans le Capitole. Plus tôt dans la journée, le milliardaire avait appelé ses partisans à aller protester contre la certification par les élus du Congrès de la victoire de Joe Biden à la présidentielle. Une femme a été blessée par balle, selon plusieurs médias.  
L'ESSENTIEL

De graves incidents ont éclaté mercredi à Washington. Dans la foulée d'un discours de Donald Trump, lors duquel le milliardaire avait appelé ses partisans à aller protester contre la certification par les élus du Congrès de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, des manifestants pro-Trump ont fait irruption dans le Capitole.

Le Congrès a été contraint de suspendre sa session, et des policiers à dégainer leurs armes et à faire usage de gaz lacrymogène. Une personne a été blessée par balle, selon des médias, et des militaires de la Garde nationale sont envoyés sur place. Joe Biden a dénoncé une "insurrection", tandis que Donald Trump a appelé ses partisans à "rentrer chez eux". 

Les principales informations à retenir

  • Des manifestants pro-Trump ont fait irruption dans le Capitole
  • Une personne a été blessée par balle, selon des médias américains
  • Joe Biden dénonce "une attaque sans précédent" contre la démocratie
  • Donald Trump appelle ses partisans à "rentrer chez eux"

Des manifestants font irruption dans le Capitole

Les manifestants ont fait irruption lors des débats de la Chambre des représentants, ont investi les terrasses du capitole et provoqué l'évacuation des bâtiments du Congrès, peu après que le vice-président Mike Pence eut annoncé qu'il ne pourrait pas s'opposer à la certification de la victoire de Joe Biden. "Nous reprenons la Chambre", "c'est notre parlement", a déclaré à l'AFP un manifestant anonyme. 

La police du Capitole a ordonné au personnel du Congrès d'évacuer le bâtiment Cannon ainsi que d'autres situés autour du Capitole, peu après la fin d'un discours de Donald Trump. Le milliardaire républicain avait alors appelé ses partisans à aller protester contre la certification par les élus du Congrès de la victoire de son opposant démocrate, ayant lieu au même moment dans l'enceinte du Capitole.

"Je viens juste d'évacuer mon bureau à Cannon à cause d'une menace proche. Maintenant, nous voyons des manifestants attaquer la police du Capitole", a tweeté l'élue républicaine à la Chambre des représentants Nancy Mace. Puis, les deux chambres, Sénat et Chambre des représentants, ont été placées en confinement et les parlementaires ont reçu la consigne d'enfiler des masques à gaz et de s'allonger au sol, selon des élus. Des manifestants ont pénétré dans les deux chambres, selon les médias américains. 

Des policiers dégainent leurs armes dans le Capitole, une personne blessée

Face à des manifestants qui tentaient d'entrer dans l'hémicycle, des policiers ont dégainé leurs armes dans la Chambre des représentants du Congrès, a rapporté l'élu Dan Kildee. "Les gardes de sécurité et les policiers du Capitole ont sorti leurs armes tandis que des partisans de Donald Trump tentaient de forcer le passage", a-t-il tweeté. "On a reçu pour consigne de nous allonger sur le sol et d'enfiler notre masque à gaz", a-t-il ajouté.

Une personne a été blessée par balle, selon plusieurs médias américains. La victime est une femme qui a reçu une balle dans l'épaule, selon un agent cité par le Washington Post. Elle a été évacuée sur un brancard. D'après CNN, elle se trouve dans un état critique.

La Maison-Blanche a annoncé que des militaires de la Garde nationale de l'Etat de Virginie se dirigeaient vers Washington, pour tenter de rétablir l'ordre. 

Une attaque "sans précédent" contre la démocratie pour Biden, Trump appelle ses partisans à "rentrer chez eux"

Lors d'une allocution télévisée, le président élu Joe Biden a dénoncé une "attaque sans précédent" contre la démocratie américaine, et qualifié l'intrusion dans le Capitole "d'insurrection". Il a appelé Donald Trump à se rendre devant les caméras pour demander "la fin de ce siège".

Sur Twitter, Donald Trump a appelé dans un premier temps ses partisans à éviter toute violence. "Soutenez la police du Capitole et les forces de l'ordre. Ils sont du côté de notre pays. Restez pacifiques !", a tweeté le président américain. "Je demande à tout le monde au Capitole de rester pacifique", a-t-il ajouté un peu plus tard dans un autre tweet. "Pas de violence ! Souvenez-vous, NOUS sommes le parti de la loi et l'ordre", a-t-il encore écrit, sans pour autant demander aux manifestants d'évacuer les lieux.

Puis dans une vidéo, le milliardaire a appelé ses partisans à "rentrer chez eux". "Nous devons avoir la paix. Alors rentrez chez vous. Je vous aime", a-t-il déclaré dans une brève vidéo. "Je comprends votre douleur. Je sais que vous êtes blessés", a-t-il ajouté. "Cette élection nous a été volée", a-t-il encore dit, réitérant une nouvelles fois des accusations de fraude ne reposant sur aucun élément concret.

Des élus dénoncent "une tentative de coup d'Etat", indignation dans le monde entier

Plusieurs élus du Congrès des Etats-Unis ont dénoncé mercredi une tentative de "coup d'Etat". "Nous assistons à une tentative de coup d'Etat encouragée par le criminel de la Maison-Blanche. C'est voué à l'échec", a tweeté le représentant démocrate William Pascrell, faisant ainsi référence à Donald Trump. "Il ne s'agit pas d'une manifestation. C'est une tentative de coup d'Etat", a de son côté estimé l'élue Diana DeGette, en dénonçant "l'anarchie fomentée par notre propre président".

Ces images ont suscité l'indignation à travers le monde. Berlin a appelé les pro-Trump à "cesser de piétiner la démocratie", tandis que Londres a dénoncé des "scènes honteuses". Le chef de l'Otan Jens Stoltenberg a dénoncé mercredi des "scènes choquantes", martelant que le résultat de cette élection démocratique devait être "respecté". En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a condamné "une atteinte grave contre la démocratie".