Démission de Bouteflika : "On est contents, mais il ne faut pas dire que l'on a gagné"

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Dans les rues d'Alger mardi soir, la joie suscitée par l'annonce de la démission du président Bouteflika ne venait pas entacher la détermination à faire tomber l'ensemble du système, gangrené par la corruption.
REPORTAGE

Un millier d'Algériens sont descendus dans la rue, mardi soir à Alger, pour célébrer la démission, après 20 ans à la tête de l'État, d'Abdelaziz Bouteflika. Une annonce historique, faite peu après la remise en cause explicite par l'armée algérienne de l'autorité de la présidence. Au centre de la capitale, ils étaient nombreux à manifester leur satisfaction, sans pour autant crier victoire.

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"On est contents, mais il ne faut pas dire que l'on a gagné", temporise un manifestant au micro d'Europe 1, avant d'affirmer avoir "toute confiance en l'état-major". L'annonce de la démission de Bouteflika a suivi un communiqué pour le moins inhabituel de l'institution militaire, dans lequel les affaires de l'État sont dévoilées au grand public. L'armée parle de corruption et accuse le clan Bouteflika d'avoir dilapidé les richesses du pays.

Les Algériens demandent des comptes

Mais est-ce l'armée qui sort victorieuse de ce bras de fer qui l'oppose au clan Bouteflika ? La question reste entière, car les Algériens semblent déterminés à poursuivre leur combat pour se débarrasser d'un système rejeté dans sa totalité. Pour beaucoup d'Algériens, si Bouteflika est parti, il faudra tout de même demander des comptes, notamment au frère du président déchu. "La machine constitutionnelle va continuer. Il faut que Saïd Bouteflika et tous ses complices soient arrêtés, ainsi que le départ du gouvernement installé il y a quelques jours", exhorte Malek, la cinquantaine.

Même si la justice a déjà entamé des enquêtes visant quelques hommes d'affaires proches de Bouteflika, à Alger, on ne croit vraiment pas à l'enclenchement d'un processus judiciaire indépendant. Les menaces de l'armée à l'encontre des proches du président déchu pourraient s'avérer juste un coup de bluff pour pousser Bouteflika à la démission.

Le chemin est encore long pour bâtir la nouvelle Algérie réclamée par le peuple.

 

Comment Abdelaziz Bouteflika a-t-il marqué l'Algérie ?  Écoutez ici le récit du règne de Bouteflika par Fabrice d’Almeida dans "Au cœur de l'histoire".

Europe 1
Par Nour Chahine, édité par Anaïs Huet