Algérie : Abdelaziz Bouteflika a remis sa démission au Conseil constitutionnel

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Abdelaziz Bouteflika avait initialement indiqué son intention de démissionner avant le 28 avril. (photo d'archives)
Abdelaziz Bouteflika avait initialement indiqué son intention de démissionner avant le 28 avril. (photo d'archives) © RYAD KRAMDI / AFP
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Confronté à plus d'un mois de contestation massive et inédite en Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a formellement envoyé sa démission au Conseil constitutionnel mardi soir.

Le chef de l'Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, cible d'une contestation inédite depuis un mois, a informé le Conseil constitutionnel de sa démission "à compter d'aujourd'hui" mardi, ont annoncé les médias officiels, citant la présidence de la République.

Au pouvoir depuis 20 ans, Abdelaziz Bouteflika "a avisé officiellement le Conseil constitutionnel de la fin de son mandat de président de la République" à partir "d'aujourd'hui" mardi, indique un bandeau déroulant sur la télévision nationale, peu après la remise en cause explicite par l'armée algérienne de l'autorité de la présidence. L'agence de presse officielle APS a indiqué que le président de la République avait "notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel sa décision de mettre fin à son mandat".

Concert de klaxons à Alger 

Présidence par intérim. C'est le président du conseil de la Nation (chambre haute) Abdelkader Bensalah qui doit assurer l'intérim selon la constitution algérienne. Un concert de klaxons a accueilli la nouvelle de la démission d'Abdelaziz  Bouteflika à Alger, mais les Algérois ne sont pas sortis dans la rue dans l'immédiat.

Défiance de l'armée. Lundi, la présidence algérienne avait annoncé dans un communiqué qu'Abdelaziz Bouteflika démissionnerait avant l'expiration de son actuel mandat le 28 avril, après avoir pris des "mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'Etat durant la période de transition", sans autre précision. Mardi, à l'issue d'une réunion des plus hauts gradés de l'armée, son chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, a estimé que ce communiqué n'émanait pas du chef de l'Etat mais "d'entités non constitutionnelles et non habilitées".

Un mois de crise. "Dans ce contexte particulier, nous confirmons que toute décision prise en dehors du cadre constitutionnel est considérée comme nulle et non avenue", avait poursuivi le général Salah, laissant entendre que l'armée pourrait ne plus se soumettre aux décisions venant de la présidence. Cette démission intervient après plus d'un mois de crise politique débutée avec l'annonce le 10 février d'Abdelaziz Bouteflika, 82 ans et très affaibli par un AVC en 2013, de briguer un cinquième mandat lors d'une élection présidentielle qui était initialement prévue le 18 avril mais a par la suite été repoussée sine die.