Algérie : l'armée demande une mise à l'écart "immédiate" de Bouteflika

, modifié à
  • A
  • A
L'armée estime non authentique l'annonce de la prochaine démission de Bouteflika.
L'armée estime non authentique l'annonce de la prochaine démission de Bouteflika. © RYAD KRAMDI / AFP
Partagez sur :
L'armée algérienne a estimé mardi que le communiqué ayant annoncé lundi la future démission du président algérien émane "d'entités non constitutionnelles et non habilitées". 

Le chef d'état-major de l'armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, a demandé mardi que soit "appliquée immédiatement" la procédure constitutionnelle permettant d'écarter le président Abdelaziz Bouteflika du pouvoir, d'après un communiqué du ministère de la Défense.

"Toute décision prise en dehors du cadre constitutionnel est considérée comme nulle et non avenue". Dans ce texte, l'armée algérienne considère comme non authentique le communiqué de la présidence ayant annoncé lundi la démission du président algérien avant la fin de son mandat, le 28 avril. L'armée estime que ce communiqué n'émane pas du chef de l'État mais "d'entités non constitutionnelles et non habilitées", non nommément citées. "Dans ce contexte particulier, nous confirmons que toute décision prise en dehors du cadre constitutionnel est considérée comme nulle et non avenue", poursuit le chef d'état-major, laissant entendre que l'armée pourrait ne plus se soumettre aux décisions venant de la présidence.

Le général Gaïd Salah, longtemps un fidèle du président Bouteflika, fustige ensuite "l'entêtement, la tergiversation et la sournoiserie de certains individus qui œuvrent à faire perdurer la crise et la rendre plus complexe". Ces individus ont pour "seul souci la préservation de leurs intérêts personnels étroits", ajoute-t-il, dans ce qui semble être une attaque contre l'entourage proche du président Bouteflika.

L'armée veut "protéger le peuple". L'armée a pour "unique ambition" de "protéger le peuple d'une poignée de personnes qui s'est indûment accaparée des richesses du peuple algérien" et qui "à l'heure qu'il est (...) s'affaire" à fomenter "des plans douteux, tendant à déstabiliser le pays".

Selon le communiqué, le général Gaïd Salah était entouré lors de cette réunion des plus hauts gradés de l'armée, notamment les commandants des forces terrestres, navales, aériennes et de défense aérienne du territoire, les commandants des régions militaires. Était également présent, selon le texte, le secrétaire général du ministère de la Défense, dont le général Gaïd Salah est le vice-ministre, le portefeuille de la Défense étant détenu par le président Bouteflika, également chef suprême des armées selon la Constitution.