De gigantesques essaims de criquets dévastent les campagnes d'Afrique de l'Est

, modifié à
  • A
  • A
Des essaims géants de criquets ravagent l'Afrique de l'Est depuis début janvier.
Des essaims géants de criquets ravagent l'Afrique de l'Est depuis début janvier. © TONY KARUMBA / AFP
Partagez sur :
La situation est tellement alarmante que l'ONU en appelle aux dons : d'immenses essaims de criquets, de la taille du Luxembourg, dévastent les réserves alimentaires du Kenya, de l'Ethiopie, de la Somalie et de l'Ouganda depuis début janvier. 

D'immenses essaims de criquets pélerins ravagent certaines campagnes africaines depuis début janvier. Un seul de ces essaims couvre jusqu'à 2.400 km2 de surface, soit la taille du Luxembourg, et mangent l'équivalent de la nourriture de 80 millions d'êtres humains. Après avoir dévasté l'approvisionnement alimentaire du Kenya, de l'Ethiopie et de la Somalie, ils sévissent désormais en Ouganda. À tel point que l'ONU tire la sonnette d'alarme. Le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires de l'ONU, Mark Lowcock, a en effet fait part de sa vive inquiétude face à ces essaims de criquets pélerins qui se développent en Afrique de l'Est, en appelant la communauté internationale à aider les pays concernés.

"Il y a 13 millions de personnes dans ces pays concernés qui ont des difficultés d'accès à la nourriture. Dix millions de ces personnes résident dans des zones touchées par les criquets", a-t-il déclaré lundi soir, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU.

"Nous risquons d'avoir un problème très sérieux" avec ces criquets 

En précisant avoir débloqué récemment en urgence 10 millions de dollars pour cette calamité, le responsable de l'ONU a averti que "si une réponse rapide" n'intervenait pas, la communauté internationale allait être confrontée à "un énorme problème plus tard dans l'année". "Si nous n'arrivons pas à enrayer" la question dans les semaines à venir, "nous risquons d'avoir un problème très sérieux", a-t-il insisté. Il a indiqué que l'Agence des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) avait estimé fin janvier à "76 millions de dollars" le coût d'un plan pour lutter contre les criquets. "Jusqu'à présent, nous n'avons eu que 20 millions de dollars", a-t-il précisé.

En évoquant une conséquence du réchauffement climatique, Mark Lowcock a affirmé que ce développement des criquets était "le pire depuis 70 ans pour le Kenya, et le pire depuis 25 ans pour l'Ethiopie ou la Somalie". Si le phénomène devait s'aggraver, sur un an ou plus, il deviendrait une "invasion" de criquets. Il y a eu six "invasions" de criquets au XXe siècle, dont la dernière s'est produite en 1987-89.