Coronavirus : à Madrid, les hôpitaux inquiets face à une deuxième vague incontrôlée

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hopital Madrid Espagne coronavirus  OSCAR DEL POZO / AFP 1:23
Les hôpitaux madrilènes, pas encore débordés, déplorent des demi-mesures insuffisantes. © OSCAR DEL POZO / AFP
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L'Espagne est le pays d'Europe le plus touché actuellement par la reprise épidémique du coronavirus. Conséquence : certains quartiers de Madrid sont de nouveau confinés, ce qui concerne 800.000 personnes. Les hôpitaux s'inquiètent de cette reprise.
REPORTAGE

Plus de 51.000 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés pour la seule journée de vendredi en Europe selon l’OMS, et l'Espagne est le pays le plus touché par cette reprise. Madrid, où le nombre de cas positifs s'envole, a annoncé vendredi soir de nouvelles restrictions de mobilité pour 800.000 personnes, afin d’essayer de freiner la propagation du virus, actuellement hors de contrôle dans certains quartiers. Des médecins et urgentistes déplorent le manque de contrôle de cette reprise.

Un reconfinement partiel insuffisant ?

Les habitants du sud de Madrid et des cités dortoirs en banlieue ne pourront plus sortir de leur quartier, sauf pour se rendre à leur travail ou en cas de force majeure. Les réunions de plus de six personnes sont désormais interdites, mais ce reconfinement ciblé et partiel sera difficile à contrôler. Il ne répond pas à la gravité de la situation, selon l'urgentiste Octavio Salmeron. "C'est une mesure prise sans faire en sorte qu'elle puisse être réellement effective, donc la situation va continuer de même, comme on a eu en mars."

L'épidémie est aujourd'hui hors de contrôle à Madrid, épicentre de la deuxième vague espagnole dans les hôpitaux. La situation est critique. "On n'est pas encore débordés, mais disons qu'on est très inquiets parce qu'en ce moment, la plupart des gens qu'on a dans cette nouvelle vague sont plus jeunes que dans la première vague".

Personnel médical épuisé

Des infirmiers aux médecins de famille en passant par les urgentistes, le personnel sanitaire est épuisé. "On a à peine eu le temps de se remettre de la première vague qu'on se prend déjà la deuxième", se désole Raquel Carrillo, médecin à l'hôpital Gregorio Maranon.

Et face à l'ampleur de cette deuxième vague, le Centre des congrès de la capitale espagnole pourrait de nouveau se transformer en hôpital de campagne, comme au printemps dernier.

Europe 1
Par Henry de Laguérie, édité par Séverine Mermilliod