Cinq Français au total sont retenus en Iran, annonce Catherine Colonna

la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna annonce que cinq Français sont retenus en Iran.
la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna annonce que cinq Français sont retenus en Iran. © Arthur Nicholas Orchard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Europe 1 avec AFP
Près de cinq Français sont actuellement retenus en Iran, a annoncé ce mardi la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna. "J'aurai cet après midi le ministre des Affaires étrangères iranien pour demander une nouvelle fois la libération immédiate de tous nos compatriotes qui sont retenus en Iran", a-t-elle également annoncé. 

Cinq Français au total sont retenus à l'heure actuelle en Iran, a annoncé mardi la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna sur la radio publique France Inter, alors que jusqu'à présent, seuls quatre étaient officiellement reconnus par Paris. "J'aurai cet après midi le ministre des Affaires étrangères iranien pour demander une nouvelle fois la libération immédiate de tous nos compatriotes qui sont retenus en Iran, il y en a cinq actuellement", a déclaré Mme Colonna.

 

"Nous devons protéger notre communauté, elle est dans nos cœurs et dans nos actions", a ajouté la ministre. Jusqu'à présent, la France avait officiellement quatre de ses ressortissants détenus en Iran: la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, arrêtée en juin 2019 puis condamnée à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, Benjamin Brière, arrêté en mai 2020 et condamné à huit ans et huit mois d'emprisonnement pour espionnage, et deux syndicalistes, Cécile Kohler et Jacques Paris, arrêtés en mai dernier.

Une vidéo "d'aveux"

Téhéran avait annoncé début octobre l'arrestation de neuf étrangers, dont un Français, dans la vague de contestation qui secoue actuellement le pays depuis la mort de Mahsa Amini. Mais Paris n'avait pas confirmé l'arrestation d'un de ses ressortissants. La semaine dernière, Téhéran a diffusé une vidéo présentée comme des "aveux" de Cécile Kohler et Jacques Paris, entraînant une réaction virulente de Paris qui a dénoncé une "mise en scène indigne" et évoqué pour la première fois des "otages d'Etat".

Et vendredi, le Quai d'Orsay a appelé les Français de passage en Iran à "quitter le pays dans les plus brefs délais compte tenu des risques de détention arbitraire auxquels ils s'exposent". Plus d'une vingtaine de ressortissants de pays occidentaux, binationaux pour la plupart, sont détenus ou bloqués en Iran, ce que des ONG condamnent comme une politique de prise d'otages pour obtenir des concessions des puissances étrangères.

Sanctions contre des responsables iraniens

Par ailleurs, Catherine Colonna a indiqué que l'Union européenne s'était accordée sur des sanctions contre les responsables de la répression en Iran. "L'UE hier s'est mise d'accord sur le plan des équipes techniques sur un train de sanctions. Ce sera validé au niveau ministériel lundi et au Conseil européen en milieu de semaine prochaine", a dit la ministre. Elle avait évoqué la semaine dernière un "gel des avoirs et l'interdiction de voyager" pour les responsables de la répression.

Le mouvement de contestation ne faiblit pas dans plusieurs régions d'Iran en dépit de la répression meurtrière des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini, décédée après son arrestation par la police des mœurs il y a près de quatre semaines. La répression des manifestations a fait au moins 95 morts depuis le 16 septembre, selon des ONG.