Cambodge-législatives: le parti d'Hun Sen "a remporté l'ensemble des sièges"

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Le PPC "a remporté tous les sièges à travers le pays" (125), a déclaré lundi son porte-parole, Sok Eysan.
Le PPC "a remporté tous les sièges à travers le pays" (125), a déclaré lundi son porte-parole, Sok Eysan. © TANG CHHIN SOTHY / AFP
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Le Parti du peuple cambodgien a revendiqué lundi une large victoire aux législatives : selon ses calculs, il a remporté tous les sièges. 

Au Cambodge, le parti du Premier ministre Hun Sen a annoncé lundi avoir "remporté l'ensemble des sièges" au Parlement lors des élections législatives. Ces dernières ont été entièrement contrôlées par le régime après l'interdiction de la principale force d'opposition.

125 sièges. Le Parti du peuple cambodgien (PPC) "a remporté tous les sièges à travers le pays" (125), a déclaré lundi son porte-parole, Sok Eysan. "Le soutien écrasant du peuple cambodgien a donné à Hun Sen une autre chance de poursuivre sa mission historique", a-t-il dit. Selon la Commission électorale cambodgienne, contrôlée par le régime, le taux de participation avoisine les 82%, un chiffre largement supérieur à celui des dernières législatives de 2013 (69%). L'homme fort du Cambodge, au pouvoir depuis déjà plus de 33 ans, a averti qu'il ne tolèrerait aucune contestation des résultats.

"Encore lui !" Dans les rues de la capitale, peu de gens acceptaient lundi de s'exprimer de manière non anonyme. "Je prédis que la vie sera difficile pour les cinq années à venir", a relevé un vendeur de nourriture sous couvert d'anonymat. "Encore lui ! C'est désespérant", a soupiré un homme assis à la terrasse d'un café.

Le principal parti d'opposition dissous. En 2013, le principal parti d'opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), avait remporté plus de 44% des voix aux législatives, prenant le régime de court. Le CNRP a été dissous fin 2017 et son chef, Kem Sokha, emprisonné.

Des résultats "non-crédibles" pour l'Union européenne. La question-clé est maintenant "de savoir ce que la communauté internationale va faire", a relevé Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l'Asie. Bruxelles et Washington ont refusé d'apporter une aide financière à l'organisation du scrutin et d'envoyer des observateurs internationaux. Et Sam Rainsy, le fondateur du CNRP, a demandé que des sanctions internationales soient prises à l'encontre du régime. "Pour la première fois depuis les élections organisées par l'ONU en 1993, le Cambodge n'a plus de gouvernement légitime reconnu comme tel par la communauté internationale", a souligné l'opposant dimanche depuis la France où il s'est exilé pour échapper à la prison.

Très vite, l'Union européenne a jugé ces résultats "non crédibles", dénonçant un "climat politique très restrictif". "L'absence d'une véritable compétition électorale et l'absence d'un processus politique inclusif font que l'élection du 29 juillet n'est pas représentative de la volonté démocratique de l'électorat cambodgien et, par conséquent, ses résultats manquent de crédibilité", a critiqué la porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

"L'Union européenne attend des autorités cambodgiennes qu'elles rétablissent la démocratie, qu'elles engagent un dialogue avec l'opposition et qu'elles créent des conditions propices au libre débat politique et à la concurrence, dans lesquelles les médias et la société civile, y compris les défenseurs des droits de l'homme et des droits des travailleurs, peuvent exercer librement leurs droits sans restrictions injustifiées", a-t-elle ajouté.