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Après la Syrie, le djihadisme se reconstitue-t-il en Afrique subsaharienne ?

[Laurent Perpigna Iban / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

En Syrie, l’État islamique a été fortement affaibli, mais l’organisation s’étend désormais en Afrique. Du Sahel à la Somalie, en passant par le Nigeria et la République démocratique du Congo, l’EI profite de zones fragiles pour s’implanter et recruter.

En Syrie, 7.000 prisonniers de l’État islamique ont été déplacés vers l’Irak par les États-Unis, par mesure de précaution, alors que les combats entre les forces kurdes et l’armée régulière syrienne fragilisent la sécurité des prisons et des camps où sont incarcérés de nombreux djihadistes. L’EI compte aujourd’hui moins de 3.000 hommes en Syrie.

Mais l’organisation se déploie désormais sur le continent africain, où de nombreux groupes locaux lui prêtent allégeance. L’Afrique pourrait-elle devenir le nouveau bastion du djihadisme mondial ? Europe 1 fait le point.

Un État islamique enraciné dans de larges zones sur le continent

En une décennie de présence sur le continent, l’État islamique s’est enraciné dans de larges zones. Au Nigeria et dans la région du lac Tchad, il administre un territoire transfrontalier et peut compter sur environ 6.500 hommes. C’est cette branche de l’EI que des frappes américaines ont visé en fin d’année dernière.

L’organisation s’est aussi renforcée au Sahel avec au moins 2.500 combattants, profitant du retrait de la force française Barkhane en 2022.

Dans l’est de la République démocratique du Congo, de nombreux petits groupes ont rejoint les rangs de l’État islamique et s’en prennent principalement aux communautés chrétiennes de la région.

"Les conditions objectives pour qu'ils aient une activité soutenue sont réunis", selon un spécialiste

Quant à la Somalie, le pays est considéré comme le hub financier de l’organisation, et c’est là où se trouverait l’une de ses figures majeures : Abdulqadir Moumin.

Partout sur le continent, l’EI s’implante dans des zones isolées, bien souvent transfrontalières.

"Les conditions objectives pour qu'ils aient une activité soutenue sont réunis, cela veut dire des États faillis, des frontières poreuses ou encore des populations délaissées par les États centraux. Donc tout le cocktail qui fait qu'un groupe djihadiste peut s'implanter sur une zone", explique Wassim Nasr, chercheur spécialiste des mouvements djihadistes et journaliste pour France 24.

Ces zones, où l’État islamique prospère, sont surveillées de près par les services de renseignements occidentaux, qui veulent éviter à tout prix la résurgence d’un califat sur le continent africain.