Au moins 50 militaires maliens ont été tués dans une embuscade menée par des jihadistes et des indépendantistes touareg dans le nord du pays. L'attaque, l'une des plus meurtrières contre l'armée depuis le début du conflit, intervient après des combats pour le contrôle de la ville stratégique d'Anéfis.
Au moins 50 soldats maliens ont été tués samedi dans une attaque menée contre un convoi de l'armée dans le nord du Mali, selon des sources locales et militaires citées par l'AFP. L'attaque a été revendiquée par des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et des indépendantistes touareg.
Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières subies par l'armée malienne depuis le début du conflit qui frappe le pays depuis plus d'une décennie.
Un convoi pris dans une embuscade près d'Anéfis
Le convoi militaire quittait la ville stratégique d'Anéfis pour rejoindre Gao lorsqu'il a été pris pour cible. Selon un élu local, le bilan provisoire fait état de "plus de 50 militaires tués" et d'au moins 24 soldats capturés.
La ville d'Anéfis avait récemment été au cœur de violents affrontements. Début juillet, une offensive coordonnée du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et du Front de libération de l'Azawad (FLA), un mouvement indépendantiste touareg, avait permis une prise temporaire de la ville.
Des interrogations sur les failles de l'armée malienne
Une source militaire malienne a évoqué un «bilan lourd» et dénoncé l'exécution de certains soldats capturés. Des investigations ont été lancées pour comprendre les erreurs tactiques ayant conduit à cette attaque. "Nous sommes en train de voir ce qui a réellement pu rendre nos hommes aussi vulnérables", a indiqué cette source.
Les paramilitaires russes d'Africa Corps, qui soutiennent l'armée malienne, étaient déjà arrivés à Gao au moment de l'attaque et n'ont pas subi de pertes, selon plusieurs sources locales.
Une crise sécuritaire qui dure depuis 2012
Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, marquée par les attaques de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, mais aussi par les violences de groupes criminels et les revendications indépendantistes touareg.
Depuis les coups d'État militaires de 2020 et 2021, les autorités maliennes ont fait du rétablissement de la sécurité une priorité. Mais les violences continuent de fragiliser le pays, qui traverse également une grave crise économique.