Ambassade des États-Unis en Israël : le statut de Jérusalem en questions

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A la veille de l'inauguration de l'ambassade américaine, des Israéliens célèbrent "le jour de Jérusalem" dans la vieille ville, dimanche.
A la veille de l'inauguration de l'ambassade américaine, des Israéliens célèbrent "le jour de Jérusalem" dans la vieille ville, dimanche. © MENAHEM KAHANA / AFP
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Avec l'inauguration controversée de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem, lundi, c'est toute la question du statut de la ville sainte qui est revenue dans les débats.

Les États-Unis ont inauguré lundi leur ambassade à Jérusalem. Si l'événement a comblé les Israéliens en entérinant la reconnaissance par le président Donald Trump de la ville comme leur capitale, elle a révulsé les Palestiniens qui crient à "un acte d'hostilité" contre le droit international. Retour sur une épineuse question au coeur du conflit israélo-palestinien.

Pourquoi Israéliens et Palestiniens s'opposent-ils sur le statut de Jérusalem ?

Les juifs considèrent Jérusalem comme leur capitale depuis plus de 3.000 ans. Après la destruction du Second temple en 70 par les Romains et la dispersion du peuple juif, le judaïsme a toujours évoqué un retour à Jérusalem. "L'an prochain à Jérusalem" est une incantation centrale de cette religion. Pour les Israéliens, la décision américaine est la reconnaissance, ayant trop tardé, d'une réalité historique. 

Les Palestiniens, qui représentent plus du tiers de la population de la ville, revendiquent Jérusalem comme la capitale de l'État auquel ils aspirent. Pour la direction palestinienne, l'initiative américaine représente le summum du parti pris pro-israélien de l'administration Trump et viole le droit international. Elle discrédite les États-Unis dans le rôle de médiateur de paix, disent-ils. Le président palestinien Mahmoud Abbas a suspendu les relations avec les officiels américains. La religion exacerbe les sensibilités. Jérusalem est sainte pour les chrétiens, les juifs et les musulmans et abrite des sites sacrés pour les trois religions.

Quel est le statut de Jérusalem-Est ?

Un plan approuvé par l'ONU en 1947 prévoyait la partition de la Palestine, alors sous mandat britannique, en un État juif et un État arabe, Jérusalem étant placée sous contrôle international. Ce plan a été accepté par les dirigeants sionistes mais rejeté par les leaders arabes. Après le départ des Britanniques et à l'issue de la première guerre israélo-arabe, l'État d'Israël est créé en 1948. Il fait de Jérusalem-Ouest sa capitale en 1949. Jérusalem-Est reste sous contrôle de la Jordanie.

Israël s'empare de Jérusalem-Est lors de la guerre de 1967 et l'annexe. Les Israéliens disent avoir "réunifié" la ville. Une loi fondamentale adoptée en 1980 entérine Jérusalem comme capitale "éternelle et indivisible" d'Israël. Mais le Conseil de sécurité de l'ONU déclare la loi "nulle et non avenue", et appelle tous les États qui ont établi leur mission diplomatique à Jérusalem à l'en retirer. L'ONU considère Jérusalem-Est comme occupée par Israël et estime que les ambassades ne doivent pas résider à Jérusalem en attendant que le statut de la ville soit réglé par des négociations entre les parties palestinienne et israélienne.

Comment les États-Unis se positionnent-ils ?

Le Congrès américain a adopté en 1995 une loi établissant que "Jérusalem devrait être reconnue capitale de l'État d'Israël", et que l'ambassade américaine devrait être transférée à Jérusalem au plus tard le 31 mai 1999. Depuis, les présidents américains ont différé le déménagement de six mois en six mois, jusqu'à la décision officialisée le 6 décembre par Donald Trump. Le 21 décembre, l'Assemblée générale de l'ONU adopte à une large majorité une résolution condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d'Israël. Malgré cette réprobation internationale et l'indignation palestinienne, Washington considère que cette décision unilatérale favorisera la recherche de la paix en éliminant ce qu'elle présente comme un obstacle aux négociations. Fin février, le président Trump lance : "Jérusalem, c'était ce qu'il fallait faire. On a réglé la question".

Europe 1
Par Europe1.fr avec AFP