Afghanistan : les messages de Hollande

Le président de la République s'est adressé aux troupes françaises d'Afghanistan, vendredi.
Le président de la République s'est adressé aux troupes françaises d'Afghanistan, vendredi. © MAX PPP
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avec Alexandre Kara, Didier François et agences , modifié à
Le président effectue vendredi une visite surprise dans le pays où il a notamment rencontré des soldats.

François Hollande est venu en Afghanistan porter deux messages. Vendredi, pour sa première visite surprise dans ce pays où 3.550 soldats français sont engagés, il a confirmé un retrait "ordonné et coordonné" des troupes d'ici la fin de l'année, tout en souhaitant que la France reste présente dans le pays, mais "différemment", à travers "une action de coopération plus avancée qu'aujourd'hui"

Le retrait, un défi logistique

Vers 6 heures, heure française, le président de la République a atterri à Kaboul, accompagné de Jean-Yves le Drian et Laurent Fabius, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, et de l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées. Puis direction, la Kapissa, en hélicoptère, où le chef de l'Etat, le visage grave, protégé par une nuée de gardes du corps, a été accueilli par une Marseillaise a capella.

25.05 hélicoptère afghanistan Hollande. 930620

© REUTERS

Quelques jours après avoir réaffirmé aux États-Unis, auprès de Barack Obama et de l'Otan, sa volonté de se retirer d'Afghanistan d'ici la fin 2012, il est venu "expliquer aux troupes que leur mission est bientôt achevée, et que, en bon ordre, avec une grande fierté, nous allons nous retirer", a-t-il déclaré sur place après avoir rencontré la task force La Fayette, l’une des principales unités françaises, sur la base de Nijrab, où sont stationnées l'essentiel des soldats français au milieu des montagnes afghanes encore enneigées.

"Vous serez rentrée pour Noël"

"C’est un bel accomplissement pour chacun, de savoir qu’il a réussi ce passage" de relais avec l'armée afghane, a répété le président français. François Hollande a ainsi dit aux soldats que plus de 2.000 d'entre eux seraient en France avant la fin de l'année. "Vous serez rentrée pour Noël", a-t-il promis à une engagée venue de Corrèze, sa terre d'élection.

François Hollande en visite en Afghanistan, auprès des troupes françaises

© Reuters

Mais ce retrait s'annonce complexe, car outre le contingent, il faut rapatrier en France près de 900 blindés, 1.400 containers d'armes et de munitions, ou encore 14 hélicoptères.

Vers une présence "civile" ou "économique"

Le président français a ensuite rencontré son homologue afghan, Hamid Karzaï, avec qui il a tenu une conférence de presse commune. Il y a émis le souhait de voir la France poursuivre son implication en Afghanistan mais dans une dimension "civile" ou "économique", et non plus militaire, via "l'éducation", "la culture" ou encore "l'archéologie".

Grâce aux investissements français à venir, François Hollande souhaite notamment permettre "aux Afghans d'être auto-suffisants". Il a également mentionné ds "perspectives" au niveau économique, comme dans "le logement, les énergies renouvelables, les recherches pétrolières ou l'agriculture". "Ma mission, c'est aussi que la France ne regarde pas l'Afghanistan uniquement comme une zone de conflit, de danger, mais comme un exemple de ce qui peut être fait dans un pays qui a vécu des drames", a-t-il aussi estimé lors d'une visite à l'ambassade de France à Kaboul.