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Cinq casernes de pompiers cambriolées en Auvergne-Rhône-Alpes : pourquoi les voleurs s’en prennent à leur matériel de désincarcération

[Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

En moins de trois semaines, cinq casernes de sapeurs-pompiers ont été cambriolées dans le Rhône et en Isère. À chaque fois, du matériel de désincarcération a été dérobé. Les syndicats s'inquiètent d'un possible détournement de ces outils particulièrement puissants.

La série de cambriolages de casernes de pompiers s'étend désormais à l'Isère. Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août, un écarteur et une cisaille ont été dérobés à l'intérieur d'un fourgon stationné dans la remise de la caserne de Bourgoin-Jallieu. 

Quatre autres casernes de pompiers avaient déjà été ciblées dans le Rhône entre le 7 et le 18 août : Pusignan, Saint-Bonnet-de-Mure, Vaugneray et Fontaines-sur-Saône, a confirmé le parquet de Lyon à Europe 1. 

Des équipements indispensables aux secours

Cette succession de cambriolages inquiétait déjà, à la mi-août, le syndicat SUD. Le matériel de désincarcération est notamment utilisé par les sapeurs-pompiers lors des accidents de la route pour découper ou écarter les éléments d'un véhicule et libérer les victimes coincées à l'intérieur. 

"C'est du matériel qui sert à sauver des vies. Ça sert à sortir quelqu'un d'une voiture quand il est incarcéré. Un accident où la voiture est broyée, la tôle est contre la personne. Pour la sortir, le seul moyen, c'est de couper cette voiture", expliquait vendredi dernier Valentin Violet, porte-parole du syndicat dans le Rhône. 

"C'est-à-dire que pendant X mois, on sera privé de ce matériel-là et, à la fin, c'est le citoyen qui sera sauvé comme il faut. Il n'y en a pas dans toutes les casernes. Si on retire à une caserne ce matériel-là, la caserne d'après est peut-être à 20, 40 minutes, voire une heure. Ce vol de matériel-là, ça a des conséquences, c'est criminel en fait. C'est vraiment des vies qui sont menacées", alertait le sapeur-pompier professionnel à Villeurbanne. 

Des outils particulièrement puissants

Ces équipements coûtent plusieurs milliers d'euros : "Chaque pince vaut entre 3.000 et 4.000 euros", rappelait Valentin Violet en désignant l'écarteur et la cisaille. Pour les quatre cambriolages commis dans le Rhône, le préjudice s'élève à 42.000 euros. 

Particulièrement puissants, ces outils pourraient servir à des fins criminelles. "Ce matériel peut être détourné de sa fonction première, notamment au niveau du banditisme, pour forcer les rideaux métalliques de magasins, ouvrir des portes blindées, voire découper des coffres-forts", explique Jean-Marie Roux, délégué du syndicat de police Un1té en Isère. 

Une autre hypothèse est avancée par le syndicaliste : celle de la revente de ces équipements. "Vu la valeur intrinsèque du matériel, ça peut être quelque chose qui peut aussi partir vers l'étranger pour d'autres groupes criminels. On peut aussi envisager que ce soit dans un but de revente", poursuit Jean-Marie Roux. 

Deux enquêtes en cours dans le Rhône et en Isère

La répétition de ces vols soulève désormais la question d'un éventuel lien entre les différents cambriolages. Pour les quatre casernes visées dans le Rhône entre le 7 et le 18 août, le parquet de Lyon indique à Europe 1 qu'une enquête a été ouverte des chefs de "vols en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de la commission d'un crime". 

Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches de Mions. Le cambriolage de Bourgoin-Jallieu fait, lui, l'objet d'une enquête distincte, confirme le parquet de Bourgoin-Jallieu.