Quatre casernes de sapeurs-pompiers de la métropole lyonnaise ont été cambriolées en une dizaine de jours. Le matériel dérobé, essentiel aux opérations de secours, inquiète un syndicat qui alerte sur les risques pour la sécurité des interventions et appelle à mieux protéger ces lieux.
Quatre casernes de sapeurs-pompiers de la métropole lyonnaise ont été cambriolées en l'espace d'une dizaine de jours. Le matériel dérobé n'a rien d'anodin. Il s'agit d'instruments essentiels aux opérations de secours, ce qui fait grandir l'inquiétude, y compris dans les casernes qui n'ont pas été encore touchées.
Dans la remise d'une caserne urbaine encore épargnée, écarteurs, vérins et disques sont rangés dans les coffres d'un fourgon, des outils similaires à ceux dérobés ailleurs. Valentin Violet, porte-parole du syndicat Sud, détaille la puissance de ce matériel. "On a un écarteur, c'est une pince qui peut écarter plusieurs tonnes de matière. Ce sont des outils qui ont une puissance développée telle que l'usage est infini. Ça va peut-être servir à faire des braquages, mais une personne mal intentionnée pourrait très bien s'en servir pour ouvrir une porte de garage, une porte de maison", alerte-t-il.
Le préjudice s'élève à 42.000 euros au total. Mais au-delà du montant, c'est surtout la nature du matériel volé qui inquiète : des outils de désincarcération indispensables aux secours.
"Des vies qui sont menacées"
"Ce matériel-là, il sert à sauver des vies. Ça sert à sortir quelqu'un d'une voiture quand il est incarcéré. Il n'y en a pas dans toutes les casernes", rappelle le syndicaliste. "Si on retire à une caserne ce matériel-là, la caserne d'après est peut-être à 20, 40 minutes, voire une heure. Là, ce sont vraiment des vies qui sont menacées".
Le syndicat pointe aussi la vulnérabilité de ces bâtiments face aux intrusions. "Là, on a une porte qui s'ouvre, les collègues vont partir avec le camion. Et après, il y aura un delta d'une trentaine de secondes. C'est suffisant pour que quelqu'un s'infiltre sous la porte le temps qu'elle se ferme", explique Valentin Violet. "On espère avoir toujours un peu de présence, mais il y a des fois où tous les pompiers sont obligés de partir en intervention, notamment sur un gros accident ou un gros feu".
D'autant que les casernes de sapeurs-pompiers volontaires ne sont pas occupées en permanence. Face à cette série de cambriolages, le syndicat appelle désormais à réfléchir à de nouveaux moyens pour mieux sécuriser ces lieux.