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«Les médailles, on n’en veut pas» : en pleine lutte contre les incendies, les pompiers annoncent une nouvelle grève pour réclamer plus de moyens

Alors qu’ils restent mobilisés sur les incendies, les pompiers sont appelés à la grève ce jeudi pour dénoncer le manque de moyens et d’effectifs. [Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Alors qu’ils restent mobilisés sur les incendies, les pompiers ont dénoncé le manque de moyens et d’effectifs ce jeudi par une grève. Ils réclament des financements d’urgence et un nouveau fonctionnement de leur profession. 

Ils sont en première ligne face aux incendies, mais veulent aussi faire entendre leur colère. Les pompiers se sont mobilisés ce jeudi par un mouvement de grève, alors que les soldats du feu restent mobilisés sur plusieurs fronts. En cause : le manque de moyens, le manque d’effectifs et des conditions de travail jugées de plus en plus difficiles. 

Les pompiers tirent la sonnette d’alarme et réclament un changement profond du fonctionnement de leur profession. Pour Manuel Coullet, secrétaire général du syndicat Sud Sdis, la situation ne peut plus durer. "Ce n'est plus possible de faire comme cela. On va finir par disparaître", alerte-t-il au micro d’Europe 1. 

Le représentant syndical refuse les simples marques de reconnaissance symbolique. "Les médailles, on n’en veut pas. Nous, ce dont on a besoin pour vivre, c’est des moyens pour bosser", insiste-t-il. Les pompiers demandent notamment des financements supplémentaires pour la sécurité civile, à la fois des financements d’urgence et des financements pérennes pour les années à venir. 

"On fait tout ce que les autres ne font plus"

Au cœur des revendications figure aussi la question des effectifs. Manuel Coullet réclame "des collègues en plus pour armer les camions de manière régulière". Selon lui, la mobilisation devrait être très suivie, car "les agents en ont marre". Les pompiers dénoncent également une perte de sens dans leur quotidien. 

"On fait tout ce que les autres ne font plus", regrette Manuel Coullet. Il cite notamment certaines interventions éloignées de leur cœur de métier, avec parfois "45 minutes de route pour aller faire un message cardiaque", une situation qui, selon lui, "n’a plus de sens". Cette dégradation des conditions de travail aurait aussi des conséquences sur l’attractivité du métier. 

Le bilan de cet été est tragique : quatre sapeurs-pompiers ont perdu la vie en mission et au moins 129 ont été intoxiqués lors des incendies en Gironde. Une situation devenue intolérable pour Thierry Sergent, délégué du syndicat SUD. "Il faut savoir que notre seul moyen de se protéger des fumées toxiques, en fait, c’est notre cagoule. Une cagoule, c’est pas bien efficace. Au niveau de la santé, c’est vraiment en dessous du minimum."

"Depuis ces dernières années, on n’a jamais eu autant de départs de collègues professionnels qui quittaient la profession", souligne le secrétaire général de Sud Sdis. Face à cette mobilisation, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a reçu ce jeudi à la mi-journée les représentants des pompiers.

Une rencontre jugée décevante

Venus exiger des mesures urgentes pour faire face aux crises à répétition et sécuriser leurs interventions, les soldats du feu n'ont pas obtenu les garanties espérées. La réunion organisée avec les neuf syndicats représentatifs des Services départementaux d'incendie et de secours (Sdis) s'est soldée par une immense déception du côté des représentants du personnel.

"C’est du blabla politique." Voilà comment l’intersyndicale résume cet échange avec le ministre. Pour Xavier Boy, porte-parole de l'intersyndicale, le gouvernement reste sourd aux alertes du terrain. "Le ministre n'est pas au rendez-vous, nous n'avons pas eu de réponse concrète, nous n'avons aucune affirmation ni sur le financement, ni sur la stratégie de financement, ni sur le contenu du projet de loi", déplore-t-il.

Face à ces demandes pressantes, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a indiqué qu'il ne pouvait pas s’engager sur des chiffres précis sans avoir préalablement consulté les associations d’élus locaux. Les syndicats donnent désormais rendez-vous dans la rue le 29 septembre prochain, à l'occasion de la journée d'action de la fonction publique.