Madagascar : "On espère qu'Ange Rajoel saura terrasser le dragon, c’est à dire les mafias"

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouët traite d’un sujet international.

Vincent, ce matin on parle du nouveau Président de Madagascar

Ce soir Noël, on parle d’un ange. C’est son prénom, Ange Rajoel, il s'écrit Andry Rajoelina. Et il en a le physique, celui d’un éternel jeune homme. La première fois qu’il a prêté serment, on aurait dit un premier communiant. Ange Rajoel a été Président de Madagascar, en 2009, mais avec les mains sales, en trichant. Les militaires l’ont mis au pouvoir, quand le Président Ravalomane a été chassé par les manifestants, qu’Ange Rajoels avait chauffés à blanc. Cet ange est un pousse au crime.

La semaine dernière, l’élection présidentielle a opposé de nouveau les deux hommes. Le match de la revanche. Ange Rajoels était en tête au premier tour et les résultats partiels tombés pendant le week-end montrent qu’il a remporté le second. Pour que le vainqueur soit vraiment aux anges, la défaite va ruiner le vaincu. Madagascar est misérable mais les campagnes électorales dégoulinent d’argent, comme elles débordent de haine. Il faut louer des hélicos, offrir des tee-shirts et des feux d’artifice, saturer les réseaux sociaux et "cadoter" les pouvoirs locaux

Madagascar est le cinquième pays le plus pauvre au monde.

Les Malgaches survivent avec moins de deux dollars par jour. Le revenu a baissé d’un tiers depuis l’indépendance dans les années 60, la faute aux gouvernants. A Madagascar, il y a 10.000 profiteurs et un pays réel de 25 millions d’habitants qui ne profitent de rien, surtout pas d’un Etat corrompu et comateux. Ange Rajoel prétend qu’il se prépare depuis quatre ans à revenir aux affaires. On se demande s’il prend l’expression au pied de la lettre. Si on croit à l’esprit de Noël, on espère que cet ange saura terrasser le dragon, c’est à dire les mafias.

Si l’on croit aux tendances lourdes de l’histoire, on remarque qu’en Afrique, la jeunesse impose des élections et qu’il y a désormais plus de régimes démocratiques que de régimes autoritaires. L’exception, c’est l’Afrique francophone. La présidentielle qui devait se tenir hier dans l’immense Congo et qu’on attend depuis deux ans a été une fois de plus reportée. Et au Tchad où se trouvait Emmanuel Macron, le président Déby au pouvoir depuis trois décennies se verrait bien y rester jusqu’en 2032. C’est à dire après la fin du ou des mandats d’Emmanuel Macron et de son successeur.