Comment les ennemis d’Emmanuel Macron à l’étranger se servent-ils des "gilets jaunes" pour lui régler son compte ?

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les "gilet jaunes" fascinent à l’étranger. Et ceux qui n’aiment pas Emmanuel Macron en profitent pour régler leurs comptes.

Dans l’arène internationale, il ne faut jamais tomber car on est sûr de prendre des coups. Jupiter par terre, c’est la curée.

Il y a une première raison qui est vieille comme les Français. Ils ne sont pas très aimés, on leur reproche facilement d’être donneur de leçons.

Surtout Emmanuel Macron qui a défié ses ennemis, en divisant l’Europe en progressistes dont il se voulait le champion et en populistes, incarnation des passions tristes.

Le duel n’aura pas attendu les élections européennes. Le tonitruant ministre italien de l’Intérieur cache mal sa joie : "Macron n’est plus un problème pour moi, c’est le problème des Français". Salvini, 64% de popularité, Macron seulement 18%, le score est implacable.

Derrière lui, les chéfaillons de la droite dure s’engouffrent, Gert Walders le néerlandais tweete un gilet jaune, Flamands, Bulgares, Serbes et jusqu’à la sainte alliance en Allemagne de Pejida qui met le gilet et Die Linke qui dénonce Macron le néolibéral.

Ajoutons le Kremlin qui appelle les autorités françaises à garantir la liberté de la presse. Poutine se moque de l’Élysée et Donald Trump aussi, mais ouvertement. Le 11 novembre, il était humilié à l’Arc de Triomphe. Emmanuel Macron dénonçait les nationalismes, suivez mon regard. Même lieu, mais l’heure de la revanche a sonné samedi. Le Donald ne lance pas de pavés, il balance des tweets. Il se présente comme le premier des "gilets jaunes", celui qui avait compris il y a deux ans que l’accord de Paris est fondamentalement mauvais.

 

Quelles conséquences ?

On peut se consoler en disant, "Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur".

La vérité plus crue est que la diplomatie paie les erreurs accumulées depuis un an. La faute de protocole qui humilie le président serbe, la petite plaisanterie qui insulte le président Burkinabé, la paresse qui ignore la visite de Térésa May et du prince Edward à Amiens, le calcul un peu lâche qui annule la visite promise à Tel-Aviv, etc.

Le Président est désormais fragile. Ses grands desseins de politique étrangère, notamment en Europe, sont en  vrac, à ses pieds. Comme les pavés des Champs-Élysées.