Mondiaux d'athlétisme : la Russie face au dopage

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito sport est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

La Russie ne pourra toujours pas participer aux mondiaux d'athlétisme qui démarrent vendredi. 29 athlètes "propres" vont quand même concourir, mais sous drapeau neutre. Pour ça, ils sont confrontés à des menaces dans leur pays.

Les Mondiaux d’athlétisme commencent ce vendredi au Qatar et la Russie ne sera pas représentée. La fédération internationale a maintenu sa suspension pour dopage organisé. Virginie Phulpin salue le courage des athlètes russes qui seront quand même présents.

Ils seront 29 athlètes russes à Doha. Leur drapeau n’apparaîtra pas à côté de leur nom. Ils vont concourir sous drapeau neutre après avoir été jugés irréprochables par la fédération internationale. Ça en dit déjà long sur leur volonté de courir proprement. Ils disent tous qu’ils ont à un moment pensé au dopage, ou qu’on a essayé de les inciter à se doper.
Ça fait quatre ans que la Russie est suspendue de toute compétition en athlétisme. Et c’est la 11e fois que la fédération internationale se réunit pour étudier les éventuels progrès. Mais des progrès, il n’y en a pas. On dirait que personne ne veut rien faire. Qu’attendent les Russes ? Personne ne va leur dire que finalement le dopage institutionnel, ça n’est pas si grave, et qu’ils peuvent revenir, hein. Donc il ne se passe rien, et la Russie ne sera pas aux Mondiaux à la fin de la semaine.
Et le pire, c’est que les seuls à se poser des questions, ce sont ces athlètes qui courent sous drapeau neutre. Ils se demandent s’ils sont encore patriotes en acceptant de courir pour eux-mêmes et pas pour leur pays. Mais non. Les seuls qui doivent se poser des questions, ce sont les responsables russes. Eux visiblement ils préfèrent lâcher leurs athlètes plutôt que de lâcher le dopage.

Ces athlètes russes sous drapeau neutre sont devenus des athlètes engagés malgré eux ?

En France, quand on critique une fédération sportive, on ne prend pas de risques. En Russie, on y réfléchit à deux fois. Alors quand Virginie Phulpin voit la double championne du monde de saut en hauteur, Mariya Lasitskene, dénoncer l’inertie de ses dirigeants et appeler à leur démission, elle pense que l’on peut lui tirer un coup de chapeau. Bien-sûr, elle a été menacée, accusée de traîtrise. Beaucoup de gens à sa place auraient laissé tomber. Elle, non. Elle sera à Doha pour remporter un troisième titre mondial, mais si elle gagne, elle n’aura pas droit à l’hymne russe, elle ne fera pas de tour d’honneur avec son drapeau. Alors évidemment on va soutenir les athlètes français. Mais regardons aussi ces drapeaux neutres qui sont tout sauf neutres.