Judo : Clarisse Agbegnenou, une inspiration majuscule pour les sportives et les femmes en général

  • A
  • A
2:44
L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 6h-9h
Partagez sur :

Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce jeudi, Virginie Phulpin s'intéresse au cinquième titre mondial décroché par la judokate française Clarisse Agbegnenou. Selon elle, son engagement pour le sport et les grandes causes est une source d'inspiration.

Clarisse Agbégnénou championne du monde de judo pour la 5ème fois de sa carrière. La Française a remporté le titre chez les moins de 63 kilos hier à Budapest. Pour Virginie Phulpin, la judokate la plus titrée de l’histoire est une inspiration majuscule pour les sportives et les femmes en général. 

Quand je serai grande, je veux être Clarisse Agbégnénou ! Vous imaginez le nombre de petites filles à qui la judokate offre le droit de croire en leurs rêves ? "Gnougnou", c’est son surnom, a décroché sa 5e couronne mondiale ce mercredi, le jour où les salles de sport ont rouvert. Ça ne pouvait pas mieux tomber, on pourrait presque croire qu’elle l’a fait exprès, tant elle a cette volonté farouche de partager et d’emmener tout le monde dans son sillage.

Il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre, parce que Clarisse Agbégnénou ne fait pas les choses à moitié. Elle fait tout à fond. Championne du monde hier, le regard déjà tourné vers Tokyo où elle visera l’or olympique, what else ? La seule médaille qui manque à son tableau de chasse. Il n’y a que son CV et son emploi du temps qui rivalisent avec l’épaisseur de son palmarès.

L’adjudante chef de la gendarmerie s’entraîne à l’INSEP, mais elle vient aussi de lancer une ligne de culottes menstruelles pour lutter contre le tabou des règles chez les sportives. Elle est aussi engagée dans une association d’aide aux bébés prématurés, elle qui est née avec deux mois d’avance sur le terme. Et en plus elle dialogue avec tout le monde sur les réseaux sociaux avec un humour aussi ravageur que ses ippons. Dis, Gnougnou, comment tu fais tout ça ?  

C’est une grande championne, une grande dame aussi 

Elle est très engagée pour l’égalité hommes femmes, elle nous exhorte aussi, nous, journalistes, à parler davantage des femmes dans le sport. D’ailleurs ce mercredi, elle a gagné son 5e titre de championne du monde de judo, et c’était aussi le jour de sortie du livre d’Assia Hamdi "Joue-la comme Megan", le sport au féminin, un combat à mener. Et qui a écrit la préface ? Gnougnou bien sûr !

Virginie Phulpin ne sait pas comment elle arrive à faire tout ça, avec autant de passion et de pugnacité. Ce qu’elle fait sur les tatamis, on le retrouve finalement dans toute sa vie. Chapeau, madame. Pas la peine de lui dire que c’est la Teddy Riner au féminin, même s’il y a une part de vérité, ça va l’agacer, et elle aura bien raison. Elle est Gnougnou. Point barre.

Et ce qu’elle veut, c’est qu’on arrête de comparer les sportives et les sportifs. Il y a de la place pour tout le monde, et elle se battra jusqu’au bout pour ça. Clarisse Agbégnenou, on la suivrait au bout du monde. Ça tombe bien, on va déjà la suivre à Tokyo cet été. Elle est même candidate pour être porte-drapeau. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a des arguments solides.

Virginie Phulpin a envie de la voir représenter nos couleurs. Et elle a envie de voir les yeux des petites filles briller en la regardant.