Foot féminin : pour une fois, copions les Anglais !

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L'édito sport est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Le championnat de foot féminin est très suivi alors qu’en France, les filles végètent dans une quasi-indifférence. Les Britanniques aiment vraiment le foot.

Ce week-end, on joue la troisième journée du championnat de France féminin de foot. L’euphorie de la coupe du monde est retombée. Pour Virginie Phulpin, ce serait bien de prendre exemple sur ce qu’il se passe en Angleterre.

Le public n’a pas investi massivement les stades, Virginie Phulpin a donc regardé un peu ailleurs. Elle a été assez bluffée par ce qu’il se passe en Angleterre. Le week-end dernier, il y avait deux gros matches dans le championnat féminin anglais. Plus de 31.000 personnes pour voir le derby de Manchester entre City et United. Et près de 25.000 à Londres pour Chelsea Tottenham. Pourquoi ce succès ? La coupe du monde a été très suivie en Angleterre, mais en France aussi. Et comme les Bleues, les Anglaises ont été battues par les États-Unis.
Alors qu’est-ce qui fait la différence ? Peut-être que l’Angleterre est un vrai pays de foot, alors qu’en France, on aime surtout le foot quand on gagne. Et ça, ça n’est pas une question de genre mais une question de culture sportive. Femmes ou hommes sur le terrain, les Anglais viennent voir du foot.
Et puis le championnat anglais est plus homogène. Quatre ou cinq équipes peuvent gagner le titre. En France, il y a deux mondes dans un même championnat. Lyon (largement au-dessus du lot) et le PSG (dans une moindre mesure) et les autres équipes derrière. Et le suspense semble vital pour installer durablement une passion dans le public.

L’Angleterre a mis les moyens aussi ?

Ça n’est pas juste du romantisme et de l’amour du ballon. Le foot en Angleterre, c’est aussi une énorme machine commerciale. En fait, ils appliquent les mêmes recettes que celles qui ont fait le succès de la Premier League, le championnat masculin. Des partenariats avec de grosses entreprises, des campagnes de communication à grande échelle. La différence, c’est qu’au lieu de vendre leurs droits télé à prix d’or comme pour la Premier League, ils appâtent le chaland en proposant tous les matches du championnat féminin en streaming. Virginie Phulpin trouve ça très intelligent pour installer le foot féminin définitivement dans le paysage. Évidemment, elle préférerait que l’on parle plus de jeu et moins de recettes commerciales, mais ça ne marche pas comme ça.

Si l’on veut faire comme les Anglais, ça n’est pas juste au niveau des clubs que ça se joue ?

Les clubs ont déjà énormément travaillé. L’Olympique lyonnais évidemment, avec des résultats sportifs impressionnants, une domination française et européenne mais un engouement qui pourrait être plus grand.
Pour ça, il faudrait peut-être professionnaliser l’ensemble de la Division 1. Ce qu’ont fait les Anglais. En France, le championnat féminin dépend de la fédération française de football, pas encore de la Ligue Professionnelle. Virginie Phulpin pense qu’il faut franchir le pas pour former un cercle vertueux. Des clubs pros uniquement, donc plus d’homogénéité, donc plus de suspense, et plus de spectateurs.