Plan d'action gouvernemental pour les personnes handicapées : "Même du côté associatif, on regarde d’un œil méfiant ce volontarisme"

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L'édito politique est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Aujourd’hui Sophie Cluzel lance son plan d’action pour accélérer l’inclusion des personnes handicapées. Ce devrait être un axe important de l'acte 2 du quinquennat. Comment cela va se traduire ?

Un seul mot : du concret, que du concret !  Ce matin la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées se lance dans un parcours du combattant de la mobilité dans Paris. Objectif : démontrer qu'il est parfois impossible de se rendre d’un point à un autre par métro à cause de correspondances impossibles à franchir en fauteuil roulant. Au-delà de cette action, le gouvernement compte faire porter un effort nouveau pour accélérer l’inclusion des personnes handicapées à l’école, et dans le monde du travail.

Pour la première fois, selon les explications de Sophie Cluzel, des équipes d’accompagnants de personnes handicapées vont être dans les classes. Un programme sur mesure sera établi pour les élèves, et un kit global pour les enseignants et personnel éducatif sera à disposition. Le gouvernement n’hésite pas à parler de révolution. On le verra à l'usage. Mais, le statut des accompagnants a changé. D’ailleurs ils ne seront plus payés par emplois aidés mais en CDD ou CDI. Pour mémoire, les effectifs d’élèves handicapés sont de 2 % de la population scolaire. Des changements devraient intervenir dans le monde du travail également. Avec une réforme de l'obligation d’emploi.

On le voit, le gouvernement veut sortir de la logique uniquement comptable : c’est à dire mesurer la politique en direction des personnes handicapées uniquement à l’aune de l’allocation (10 milliards)

Pour Emmanuel Macron une société se caractérise par la manière dont elle traite le handicap.

C’est même à la base de son projet d’essence libérale : pouvoir maîtriser son destin en bénéficiant  d’une égalité des chances. C’est le sous-texte de la politique dite inclusive, en jargon macronien. Si l’égalité des chances est réelle pour la population handicapée, cela crédibilise les intentions pour tout le monde. On met aussi le doigt là où ça fait mal : les absurdités d’un système administratif crispent dès qu’il s’agit de changer des dispositifs.

Même du côté associatif, on regarde d’un œil méfiant ce volontarisme. Car à la clé, il y a des budgets et des luttes d’influences. L'arrivée de Brigitte Macron à la tête de la fondation Pièces Jaunes est un signe supplémentaire que la politique en direction des personnes handicapées se veut un axe fort du quinquennat Macron. Point d’orgue symbolique de la politique inclusive : les personnes handicapées ont désormais le droit de vote, 300.000 électeurs avec leurs droits complets de s’abstenir ou de se rendre à l’isoloir.