"Gilets jaunes" : "Emmanuel Macron a désormais conscience que c'est le caractère imprévisible des événements qui sera la nouvelle horloge du quinquennat"

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L'édito politique est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Bonjour Michaël, le début de l’année 2019 est marque par un regain de mobilisation des "gilets jaunes". Et la journée de samedi est un cap qui a changé l’analyse du gouvernement. De quelle manière ?

C’est désormais un fait acquis et un préalable à toute réflexion au sommet de l'État : l’état de crise est déclaré. Samedi, les affrontements avec les "gilets jaunes" n’avaient pas pour enjeu des dégâts matériels, les magasins peu touchés et seulement quelques deux roues à Paris.  Les cibles sont devenues politiques. Symbole des symboles : avec un groupe d’assaillants un engin de chantier a défoncé l’entrée du ministère où se trouve le bureau du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveau, qui a été évacué.

Le président a réagi en parlant d’une agression contre la République. Et désormais Emmanuel Macron a changé de mode d’analyse : il a désormais conscience c’est le caractère imprévisible des événements qui est la nouvelle horloge du quinquennat. Ça n’est pas seulement une formule mais une logique de fonctionnement.

Et ce début d’année très tendu intervient alors que justement l’imprévu concerne le premier cercle du président de la république avec le départ surprise de Sylvain Fort, son directeur de la communication et sa plume, le prélude comme Europe 1 la révèle la semaine dernière à un vaste renouvellement de son équipe. Alors comment le président se réorganise ?

Et bien Emmanuel Macron part du principe qu’on vient d’évoquer. Il faut quelqu'un capable de gérer des crises.  C’est la raison pour laquelle et c’est une information : la candidature de l’actuel directeur de cabinet de Brigitte Macron, Pierre Olivier Costa a été écartée par le chef de l'État. Raisons invoquées : pas d'expérience de gestion de crises et son manque de familiarité avec le monde des médias pour cet ancien conseiller de Bertrand Delanoë.

D’autres possibilités existent comme un tandem possible qui serait formé par l’actuelle directrice adjointe de la communication du président, Sibeth N'diaye, et Philippe Grangeon, un des dirigeants d’En Marche aux côtés du président depuis le début comme conseiller spécial. Sibet Ndiaye a fait ses classes en politique et pilote les relations avec les médias depuis l’époque de Bercy. 

D’autres candidatures sont examinées par le président. La décision aura une dimension politique alors que le grand débat national va commencer et que les turbulences politiques ne sont pas près de se calmer. A l'Elysée on en est à présent convaincu : si gouverner c’est prévoir, alors c’est prévoir l’imprévisible.