Castaner : comment enfiler le costume de ministre des Cultes, en plus de l’Intérieur ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Entre la manifestation contre l’antisémitisme de ce mardi et le dîner du Crif (le Conseil des institutions juives de France), la question des cultes est au-devant de la scène. L’occasion pour Christophe Castaner de prendre une nouvelle dimension en tant que ministre de l’Intérieur.

Depuis sa nomination à cette fonction, Christophe Castaner à été immédiatement propulsé sur la crise des Gilets jaunes.
On se souvient que son périmètre ministériel avait été réduit puisque les Collectivités locales sont passées chez Jacqueline Gourault, un dossier d’ordinaire géré depuis la place Beauvau.
Christophe Castaner a du faire ses classes à vitesse grand V. Si Laurent Nunez était souvent à ses côtés au début, il a dû gérer seul des crises à répétition dont l’attentat djihadiste de Strasbourg.

Aujourd’hui, on assiste à une évolution au sein du binôme. Nunez intervient de plus en plus en plus régulièrement sur les questions de Sécurité publique et Castaner se prépare à prendre en main le dossier des cultes qui fait partie de son titre.
On devrait le voir après la restitution du grand débat lorsqu’il sera question de s’occuper du dossier de la laïcité.

Christophe Castaner est l’un des premiers socialistes à avoir pris position en faveur d’Emmanuel Macron. Il a trouvé sa place au cœur de la Macronie mais ça n’était pas gagné ?

On sait que faire sa place parmi les premiers macronistes n’est pas chose facile.
Pendant la campagne présidentielle, il a dû se battre en interne pour devenir un interlocuteur régulier du candidat.
Après l’élection, il devient porte-parole du gouvernement avec son franc-parler alors que le nouveau pouvoir ne veut pas parler à la presse.
Il négocie de rester au gouvernement en échange d’une mission que lui demande Emmanuel Macron : prendre la tête du mouvement La République en marche. Ça ne l’a pas passionné. Il quitte la direction quand il est nommé à l’Intérieur.

Christophe Castaner poursuit sa mue politique à front renversé. Venu de la gauche, il incarne l’ordre et la sécurité c’est à dire le versant droit du macronisme alors que le pôle gauche de la majorité s’est révélé depuis la crise des Gilets jaunes.
La contestation face à la loi anticasseurs et les polémiques sur les Gilets jaunes blessés le placent souvent en contradiction avec des marcheurs plus sensibles aux valeurs de gauche.
Pour gérer les délicates questions de société qui l’attendent sur son bureau,
Christophe Castaner devra faire évoluer son image. C’est l’une des raisons pour lesquelles il a tenu à passer un examen spécial celui du tableau noir.