Et si notre vignoble ne résistait pas au réchauffement climatique ?

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En attendant demain est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Le vin résiste à tout, même si il va changer. Certes, le réchauffement climatique pousse les vignerons à s’adapter et on fera sans doute du vin dans des régions très au Nord à l'avenir. Il n’en reste pas moins que les Français restent de très gros consommateurs.

Selon le baromètre Sowine publié ce weekend, un Français sur trois boit régulièrement du vin. Le Bordeaux est leur vin préféré devant le Bourgogne et le Champagne. Demain, le vin sera toujours là mais il aura bien changé.

Le pinard est universel et éternel ! Il a traversé toutes les tempêtes depuis près de 10.000 ans, date de sa probable apparition. Les vignes ont survécu aux batailles de civilisation, aux guerres mondiales et aux bouleversements climatiques. Rien n’arrête les vendanges, même pas les ouragans ou les bombardements. Aujourd’hui, une question surgit avec le bouleversement climatique : et si notre vignoble ne résistait pas à la surchauffe ?

Ces vins ont déjà changé à cause de la chaleur.

Plus de soleil, ça veut dire plus de sucre et moins d’acidité dans le raisin donc des nectars plus costauds qui ont gagné un à deux degrés ces dernières décennies. Et la tendance devrait s’accélérer. Sur le terrain, les vignerons trouvent des parades en avançant de quelques semaines les vendange, en taillant les ceps pour mieux protéger les raisins des brûlures du soleil. Même l’Inra (l’institut du vin et de la vigne) teste d’anciens cépages disparus, plus résistants aux grosses chaleurs. Le vin, demain (en 2030 ou 2050), n’aura pas le même goût mais l’important est qu’un Bordeaux reste un Bordeaux.

Y aura-t-il encore des Bordeaux en 2050 ?

C’est difficile à dire car les vignes vont déménager. La menace pèse sur les vignes très au sud : Italie, Espagne, Géorgie, Liban, Grèce et une partie de la France. En revanche, le nord est une nouvelle terre de conquête comme la Bretagne, l’Allemagne ou encore le Royaume Uni où de grandes maisons de Champagne ont déjà acquis des terrains notamment dans le Ken pour y planter des ceps et produire du mousseux "haute de gamme".
Moralité, le vin n’est pas mort. Mais demain ou après-demain, on ne boira peut être plus du Chianti ou du Croze Hermitage.
Non, La grande mode sera de servir sur un sorbet "saveur banquise", un grand cru du Groenland aux arômes très francs de lichen et de bouleau arctique. Ça changera du Beaujolais et de son goût de banane.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.