"Une confession", de John Wainwright

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Le polar de Poirette est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque samedi, Bernard Poirette vous fait découvrir ses coups de cœur en matière de polar.

Pourquoi ? Pourquoi ce livre, "Une confession", de John Wainwright a-t-il dû attendre trente-cinq ans une traduction française ? Mystère et boule de gomme. Heureusement, les éditions Sonatine viennent de réparer cette terrible bévue. Car "une confession" est un chef d’œuvre du genre, ni plus ni moins ; d’ailleurs salué comme tel par Georges Simenon, qui l’avait lu en anglais.

De quoi s’agit-il ? Du couple Duxbury, John et Maude, la cinquantaine chacun. Il est imprimeur, elle est femme au foyer. Leur grand fils unique, Harry, travaille avec son père et reprendra l’affaire, le moment venu. Ce n’est pas pour tout de suite. Car John Duxbury ne vit que pour son travail et son entreprise. Sa vie de couple est sinistre, sa vie sexuelle inexistante. Pourtant il aime sa femme mais ces deux-là n’ont plus rien à se dire. Ils cohabitent, dans l’attente d’un improbable miracle.

"Une confession" est un chef d’œuvre du genre, ni plus ni moins

 

Tout cela, John le raconte dans son journal intime, jour après jour… Peu avant Noël, Harry insiste : "prenez des vacances, quelques jours dans un bon hôtel sur la côte". D’accord. John et Maude se promènent le long de la falaise. Maud trébuche. Elle chute et se tue. La police conclue à un accident. Mais un témoin se manifeste : selon lui, John Duxbury a poussé son épouse dans le vide. L’inspecteur Harker doit le prouver.

Plus simple comme scénario, il n’y a pas. N’empêche que le résultat est éblouissant. Ou comment, avec des mots tout simples, de deux vies ordinaires, faire un scénario au suspense psychologique exceptionnel… jusqu’au dénouement de l’histoire, effarant et vertigineux. Pas étonnant que Simenon ait apprécié "une confession" de John Wainwright. C’est sorti chez Sonatine. Ça vaut 20 euros. Vous ne les regretterez pas.