Une fusillade qui n'a pas fait de bruit, le soutien à l'Ukraine et Pierre Moscovici sonne l'alarme contre des prévisions de croissance trop optimistes

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Tous les jours dans la matinale d’Europe 1, Olivier de Lagarde scrute et analyse la presse du jour. Aujourd’hui, il revient sur cette scène de guerre qui a eu lieu ce week-end à Rennes pendant plus d'une heure et qui a échappé à l'actualité.

Scènes de guerre

C’est une info qui jusqu’à présent n’a pas eu droit à une ligne dans la presse nationale. Pour être tout à fait honnête, les quotidiens Bretons n’ont pas pris tout de suite non plus la réelle mesure des évènements.  Ce n’est que ce matin que l’info fait le plus gros titre du Télégramme.

Cela s’est passé dans la nuit de samedi à dimanche dans le quartier du Blosnes à Rennes. Pendant plus d’une heure ce haut lieu du trafic de drogue a été le théâtre de véritables scènes de guerre.

De 1h 56 à 3H03 précisément, un commando d’une dizaine d’hommes cagoulés portant d’épais gilet pare-balle et armés de kalachnikov ont mené une expédition punitive pour reprendre un point de deal.

Plus d’une centaine de douilles ont été retrouvées sur place raconte Claire Staes. Par miracle, deux hommes seulement ont été blessés. Mais évidemment les habitants eux sont totalement choqués. 

Dès hier les lecteurs des pages locales de Ouest France pouvaient lire le témoignage d’un octogénaire qui racontait avoir relevé plusieurs impacts de balles dans sa cuisine. 

C’est du jamais vu à Rennes, on a passé un cran dans l’échelle de la violence affirme l’adjointe de la ville à la sécurité.

C’est même du jamais vu en France depuis les attentats du bataclan, témoigne des Policiers. Jamais une fusillade aussi longue et avec des fusils d’assaut n’avaient été constaté.

Ce matin, la question est quand même de savoir pourquoi la police a mis autant de temps à intervenir alors que la ville dispose d’une antenne de l’unité d’élite du Raid.

Hier raconte encore le Télégramme, alors que les forces de l’ordre quadrillaient encore le secteur, le trafic de drogue avait repris tranquillement à 200 mètres de là.

Qui soutient l’Ukraine ? 

Mais ce matin ce sont donc moins les scènes de guerres en Bretagne que celle en Ukraine qui préoccupe les journaux. Et surtout les implications politiques à Paris. 

« Qui soutient l’Ukraine ? » le parisien Aujourd’hui en France pose très directement la question en gros titre.

Parce que le parlement va se prononcer aujourd’hui sur l’accord bilatéral passé avec Kiev.   

La majorité va évidemment voter pour, tout comme les socialistes. Communistes et insoumis gardant une vielle tendresse pour les dictateurs et l’Union Soviétique vont voter contre. Mais tous les yeux seront tournés vers le RN qui n’a pas encore dit ce qu’il allait faire.

« En fait s’ils étaient malins ils nous coinceraient comme ils l’ont fait sur l’immigration », explique un ténor de la majorité aux Echos. « Ils pourraient nous dire qu’ils sont opposés au propos va-t’en guerre du Président mais qu’ils votent pour le soutien à l’Ukraine, ce qui nous couperait l’herbe sous le pied du principal argument politique que l’on brandit pour l’instant dans la campagne des Européennes ».

En attendant, et avant même le scrutin, il y en déjà a un qui a déjà voté contre le soutien à l’Ukraine. C’est le Pape ! François qui a appelé solennellement Kiev à « avoir le courage de négocier ». Une déclaration qui fait tomber de l’armoire l’éditorialiste de la Croix. Et ce n’est pas souvent que le quotidien catholique s’en prend à ce pape. Mais là : « Qu’elle mouche a piqué François » écrit interloquée Isabelle de Gaulmyn. Elle en appelle à Jean 23 qui dans l’Encyclique Pacem in Terris, écrivait qu’« il n’y a pas de Paix sans justice … »

« A l’époque il s’agissait de faire droit aux revendications des pays colonisés. Mais cela vaut aussi pour l’Ukraine. La paix ne sera possible que si la Russie accepte une solution juste » affirme-t-elle.

Moscovici : faites ce que je dis, ne faites pas ce que j’ai fait !

Alors que la Cour des comptes dévoile aujourd’hui son rapport annuel, son Premier Président cogne dur contre la politique économique du gouvernement et ses prévisions de croissance passé et présente beaucoup trop optimistes.

« Contrairement à ce qui était annoncé, nous ne sommes pas sortis du quoi qu’il en coûte déclare Moscovici ». « Des efforts d’économies sans précédent sont nécessaires affirme-t-il ». Effort qu’il chiffre à 50 milliards sur la période 2025-2027…

Emmanuel Macron lira cette potion amère. Peut-être se dira-t-il qu’il est quand même dommage que l’ancien ministre des Finances de François Hollande ait attendu de quitter Bercy pour se montrer aussi rigoureux sur les comptes de la Nation.

Remontée de bretelles d’énarques

Mais après s’être fait moucher par la Cour des Comptes, notre président va pouvoir se défouler sur les préfets et cadres de la haute fonction publique réunis aujourd’hui pour une convention managériale de l’Etat.

Gabriel Attal devait initialement la présider mais Macron à décider d’y aller pour mettre un bon coup de pression raconte Olivier Beaumont du Parisien. Ce qui le rend fou c’est que ses décisions ne sont pas suivies d’effet sur le terrain. On parlait tout à l’heure d’informations qui ont du mal à monter jusqu’à Paris. Il y a des injonctions qui ont visiblement du mal à descendre en Province.

Bref ce matin prévient le journal : cela va être remontée de bretelles d’énarques à tous les étages.