Le téléphone chinois Huawei accusé d’espionnage

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L'édito économique est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Faut-il interdire Huawei, le fabricant chinois de smartphones et d’équipements pour les télécoms ? Les États-Unis font pression en ce sens et la France réfléchit.

Pour une raison simple : Huawei est soupçonné d’espionnage pour le compte des autorités chinoises. Et ce qui inquiète les pays occidentaux avec l’arrivée de la 5G, c’est que Huawei n’en profite pour infiltrer le cœur des réseaux de communication. Les Etats-Unis et l’Australie ont donc banni Huawei de la construction de réseaux 5G. Et Washington tente maintenant de convaincre ses alliés : l’Allemagne, le Japon etc. de faire de même. La France se méfie également du Chinois : Huawei a été écarté de la 4G en Ile de France, là où se trouvent les lieux de pouvoir et les sièges de sociétés les plus sensibles. Avec le passage à la 5G, la méfiance est encore plus grande même s’il n’a pas été prouvé -peut-être pas encore- que Huawei ait installé des composants espions dans ses équipements.

Faut-il aussi se méfier de son smartphone ?

Oui et de toutes les applications qui sont installées dessus. Par exemple, si vous utilisez l’application chinoise WeChat, sachez qu’elle peut copier toutes vos données, vos contacts, vos photos, vos messages sur ses serveurs logés en Chine, et savoir en permanence où vous êtes. Vous allez me dire que c’est pareil avec les applis américaines. Oui, sauf que WeChat, en tant que société chinoise, doit tenir toutes ces données à la disposition des autorités chinoises : c’est écrit noir sur blanc dans les conditions de service. Ils n’ont pas le choix. Bref, nous sommes déjà espionnés en permanence et en l’occurrence, nous le sommes au profit d’un État policier. D’où l’alerte des autorités américaines : ce qui inquiète avec Huawei ou ZTE, l’autre grand fournisseur chinois d’équipement de télécom, c’est que les capacités d’espionnage infiltrent le cœur même des réseaux. Si les Américains, qui ne sont pas les derniers à espionner de cette manière, s’en préoccupent, c’est que la menace est réelle.