Le groupe Casino victime d'attaques spéculatives massives

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h30
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Chaque matin, Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Echos, fait le point sur une question d'actualité économique.

Ce matin, Nicolas Barré, vous nous emmenez dans les coulisses d’un univers impitoyable, celui de la Bourse et des marchés financiers où un grand groupe français est pris au piège.

Ce groupe, c’est Casino. Plus de 12.000 magasins comme Monoprix, Franprix et Cdiscount sur Internet. 230.000 salariés dans le monde. Un groupe plus que centenaire, dont les ventes progressent, qui gagne de l’argent, bref qui va plutôt bien. Et pourtant ce fleuron français tremble sur ses bases. Il fait l’objet d’attaques spéculatives massives, sur fonds de rumeurs plus ou moins malveillantes relayées sur les réseaux sociaux et qui menacent de le précipiter dans une grave crise financière.

Vous voulez dire qu’il y a des gens qui parient sur l’effondrement de Casino ?

Oui, une quinzaine de fonds d’investissement du monde entier spéculent contre Casino. Ils se disent qu’ils tiennent une bonne cible car le groupe a une dette importante, donc il est facile de le fragiliser.

Alors comment on fait pour gagner de l’argent en faisant baisser le cours d’une action ? Grâce à une technique autorisée en Bourse et qui consiste, comme on dit, à vendre ses actions à découvert : je vous vends des actions à 100 euros, à la seconde où je vous les vends, je ne les possède pas encore mais je parie que je vais pouvoir en acheter un peu plus tard, mettons à 20 euros de moins. Le tour est joué : je vous aurai vendu 100 euros une action que j’aurais payé 80.

Mais comment peut-on être sûr qu’elles vaudront moins ?

En faisant circuler des fausses informations, négatives, à coups de tweets. C’est ce qui se passe depuis quelques jours. Près de 20% du capital de Casino, c’est énorme, a été vendu comme ça à découvert, par ces fonds qui parient sur la chute de l’action. Il est très difficile de prouver la manipulation : le gendarme français de la Bourse, l’AMF, enquête. Ce genre de manœuvre financière existe, il faut le savoir, et même des grands groupes ne sont pas à l’abris.