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Avec les beaux jours, il va s’imposer sur de nombreuses tables. Depuis quelques années, le segment des vins rosé est celui qui progresse le plus en France. S'il est rattaché à la Provence, est-il vraiment né là-bas ? Ce n'est pas certain.

Bien avant les Romains, ce sont les Grecs qui ont apporté la vigne dans le Sud de la France, colonisant la côte méditerranéenne 600 ans avant notre ère. Le vin qu’ils produisaient à l’époque était très clair : le jus ne restait pas en contact longtemps avec les peaux des raisins. Un vin auquel on ajoutait fréquemment de la résine, des épices, voire du miel pour le « stabiliser ». Difficile alors de définir sa couleur.

Durant l’époque romaine, puis au-delà, la vinification s’opèrera toujours sans cuvaison, le vin ne pouvant alors être bien coloré. On peut dire qu’on faisait du rosé sans le savoir, mais surtout sans en maîtriser la couleur.

À Bordeaux, dès le 13e siècle, le clairet est en vogue, un vin que l’on peut situer entre le rouge et le rosé. Les Anglais en raffolent. C’est probablement un Irlandais, Jofroi de Waterford qui cite le terme de vin rosé pour la première fois, vers l’an 1300. Il n’apparaît toutefois dans le dictionnaire français qu’en 1680. En 1682 est produit dans le vignoble d’Argenteuil un vin rosé destiné à la cour de Louis XIV. D’autres régions vont emboiter le pas.

Quant à la Provence, il faudra attendre le 20e siècle, les congés payés, les touristes et l’envie de se déshydrater avec des vins plus légers pour que le rosé se développe là-bas.

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