A la Une - "Theresa May : le Brexit m’a tuée"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Bonjour David Abiker, pour votre revue de presse de ce mercredi 16 janvier, vous commencez par traverser la Manche.

Bonjour Nikos, oui ce matin c’est la Une des journaux anglais qui m’intéresse et notamment celle du Sun. Le Sun c’est le journal populaire anglais, ce qu’on appelle un tabloïd, qui adore se payer les membres de la famille royal et les politiques. Il est lu par huit millions d’Anglais. Et le Sun se régale ce matin et représente la Première ministre anglaise en dodo. Le dodo c’est un oiseau dont l’espèce est aujourd’hui disparue. Il faut donc vous imaginer Theresa May avec sa tête de Theresa et un corps de volatile assez disgracieux. Dessous, un mot : "Brextinct" qu’on pourrait traduire par le Brexit m’a tuée.

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La Une du "Sun" du mercredi 16 janvier 2019. Crédit photo : "The Sun"  

Et le reste de la presse britannique est sur la même tonalité. "Une défaite historique" pour le Times et le Guardian, une "totale humiliation" pour le Daily Telegraph. Et peut-être ce matin y-a-t-il un lecteur de la presse anglaise qui doit respirer un peu. C’est Emmanuel Macron : vu la violence des journaux britannique, le président doit certainement se dire, "chacun son tour".

Emmanuel Macron se place en éditorialiste du Brexit

Hier soir devant les maires de l’Eure, le Président, qui connait le dossier, a donné son analyse et son pronostic sur la suite du Brexit au figaro.fr : "Première option, les Anglais vont vers le 'no deal' et pas d’accord et dans ce cas, les Britanniques seront les grands perdants du Brexit. Deuxième option, ils essaient de négocier d’autres concessions avec l’Europe, mais ils n’obtiendront pas grand-chose. Troisième option, une fois la deuxième option épuisée, les Anglais demanderont du temps". Mais le président s’est aussi attardé sur le référendum qui a créé cette situation compliquée.

Le référendum anglais dans son viseur mais pas que.

Voilà ce qu’il a expliqué aux maires. "Le Brexit en dit long sur ces référendums a priori sympathiques. Le référendum du Brexit a été manipulé, on a menti aux gens. Ce qu’ils ont choisi ce n’est pas possible, ensuite bon courage aux représentants de la nation qui doivent mettre en œuvre un truc qui n’existe pas". Bien sûr, le président boit du petit lait car il vise non seulement le jeu dangereux du référendum, mais il fait aussi de la politique. Avec dans son viseur le fameux référendum d’initiative citoyenne (RIC) cher aux "gilets jaunes".

" L’actualité est pleine de gens sans problèmes et qui, un jour, se mettent à déconner "

La presse se pose en juge du marathon de sept heures du président face aux maires, hier.

Et certains éditorialistes ce matin se laisseraient bien séduire. Dans les Echos Christelle Cornudet espère : "Si ce débat abat quelques murs, alors il aura été utile". Dans le Journal de la Haute-Marne, Patrice Chabanet parle d’un "succès. Philippe Marcacci, dans L'Est Républicain, reconnait que le Président a été combatif "même si quelquefois son naturel est revenu au galop". Macron doit se méfier de ses petites phrases comme celle prononcée hier sur ces gens en difficultés : "ceux qui font bien et ceux qui déconnent". Dans La Charente Libre, Maurice Bontinck le met en garde : "le président devra faire attention à ses mots qui fabriquent une nouvelle petite phrase et parasite le débat".

On passe ensuite à une bonne nouvelle : les "indiscrètes" sont à la Une de la Nouvelle République

Oui, et puisque le Président a parlé hier des gens en difficultés, en distinguant ceux qui font bien et ceux qui déconnent, peut-être devrait-il ce matin lire la Nouvelle République. Il y trouvera en Une la jolie photo des filles d’Indiscrète, une vingtaine de femmes qui dans leur usine de lingerie fine lancent en l’air la culotte et le soutif pour fêter l’acceptation du plan de sauvetage de leur entreprise. Les filles d’Indiscrète, c’est tout ce qu’aime le Président : des femmes en difficultés qui font bien.

Vous nous dites qu'il y a aussi des gens sans difficultés qui "déconnent"

Effectivement, les journaux du jour viennent rappeler à Emmanuel Macron que l’actualité est pleine de gens sans problèmes qui malgré tout déconnent. C’est le cas des politiques anglais qui, depuis deux ans, ont envoyé leur pays dans le mur. C’est le cas de Carlos Ghosn un homme sans difficultés a priori qui semble avoir sacrément déconné avec l’argent. Ou encore d’Alexandre Benalla dont on vient de découvrir le quatrième passeport diplomatique. L’actualité est pleine de gens sans problème et qui, un jour, se mettent à déconner.

Le Président devrait s’en souvenir car c’est une des raisons qui met les gens dans la rue.