A la Une - Le pont du président

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Bonjour David

Bonjour Nikos, bonjour à tous.

Dans votre revue de presse aujourd'hui, Emmanuel Macron fait le pont, mais squatte la Une des hebdos. Expliquez-nous 

Bien sûr. Alors que le Parisien-Aujourd’hui en France se réjouit "Enfin un vrai beau pont" faisant l’éloge de cet avant-goût de vacances et des températures estivales qui nous attendent ce week-end, Var Matin nous annonce au conditionnel qu’Emmanuel et Brigitte Macron pourrait passer quelques jours au fort de Brégançon. Un indice une fin de semaine vide dans l’agenda officiel de l’Elysée.

Un président au repos donc mais qui reprend du service à la une des hebdomadaires. On y retrouve donc Macron en Machiavel qui a avalé la droite à la Une de Valeurs actuelles, Macron le funambule qui veut s’imposer en Europe c’est la Une du Point, enfin à la Une de L’Obs le plus dur commence pour Macron qui a devant lui des réformes à mener. Un président qui pourra à Brégançon ou ailleurs lire ce matin l’édito de Vincent Tremollet de Villers dans Le Figaro.

Biocentrisme ou anthropocentrisme ?

Un édito qui parle d’écologie et qui explique que nous sommes passé d’une époque où l’homme voulait dominer la nature à une époque où il entend se mettre au service de la nature. Ce que le philosophe Régis Debray appelle le passage de l’anthropocentrisme au biocentrisme. Voilà de quoi faire réfléchir un président qui doit tenir compte de la percée des écologistes aux élection européennes.

Faut-il arrêter de prendre l’avion ?

C’est la Une d’Alternatives Economiques du mois de juin qui place le vacanciers, le voyageur d’affaire ou le président de la république face à ses responsabilité écologiques. Et le magazine cite un mot suédois : "Flygskam". "Flygskam" désigne la honte de prendre l’avion en raison de son empreinte écologique. Et le magazine économique décrit le secteur du trafic aérien comme une bombe écologique dont les émissions de CO2 ont progressé de 57 % en 16 ans et qui en 2017 a franchi la barre des quatre milliards de passagers transportés.

La forêt française qui est la troisième d’Europe ne s’est jamais aussi bien portée

Un secteur aérien si peu taxé qu’aujourd’hui le km en avion low-cost coûte entre deux fois moins cher que le kilomètre en TGV et cinq fois moins cher que le kilomètre en voiture.

C’est la Flygskam !

Des gains de productivité, des avions toujours plus remplis et un passager qui émet autant de gaz à effet de serre que s’il était seul en voiture à effectuer le même trajet. C’est vraiment la "Flygskam". Alors certains songent à limiter les vols, à encourager l’usage d’autres moyens de transport et à établir une fiscalité moins avantageuse pour les compagnies aériennes. On peut aussi et c’est déjà le cas demander un effort au voyageur en lui proposant quand il achète un billet d’avion d’acquérir des crédits carbones auprès d’une association pour compenser ses émissions de CO2. Parmi ces associations, Alternatives Economiques cite Reforest Action qu’on retrouve dans Le Figaro du jour.

La forêt sauvage est de retour

Pour la deuxième année consécutive, l’association Reforest Action lance un appel à projet pour financer la reforestation en France, la France où la forêt sauvage augmente de 100.000 hectares par an explique Le Figaro. Contrairement à une idée reçue, la forêt française qui est la troisième d’Europe ne s’est jamais aussi bien portée. Elle couvre 31 % de la surface de notre pays contre 14 % en 1850, une France plus feuillue, plus touffue qu’autrefois en raison du reboisement naturel, de l’exode rural et des replantations.

Servir la nature ou s’en servir ? Transformer la société française ou passer à une politique vraiment écologique ?

 

Mais les progrès de la forêt sauvage posent des problèmes d’entretien et qu’une forêt anarchique ne vaut pas une forêt entretenue. Le voilà posé autrement le débat anthropocentrisme contre biocentrisme. Se servir de la forêt ou la servir, la réponse est sans doute dans un équilibre savant entre le reboisement sauvage et les actions de reforestation.

Exfiltration de cochons à la Une de Match

Ce débat qui oppose l’homme qui se sert de la nature à celui qui veut la servir, on le retrouve dans la presse du jour. A la Une du Monde qui parle du loup qui dans le Var cristallise le désarroi des éleveurs. A la Une de Libération Champagne avec la photo d’un poulet en souffrance tiré d’une nouvelle vidéo de l’association L214. Dans Paris Match avec les images spectaculaires et bouleversantes de l’exfiltration de sept cochons d’un abattoir industriel espagnol. Ou encore à la Une de Ouest France qui pose la question de la compatibilité du bio avec les modes de production industriel.

La forêt pour penser

Alors anthropocentrisme ou biocentrisme, servir la nature ou s’en servir ? Transformer la société française ou passer à une politique vraiment écologique ? On y songera au fort de Brégançon, en faisant le pont ou en lisant le nouveau Philosophie Magazine qui nous conseille d’aller réfléchir en forêt. La forêt qui est un espace de collaboration explique le magazine philosophique, un espace sans évidence, un espace qui résiste politique qui résiste encore à la consommation, un réseau qui n’a rien à envier à nos villes ou chacun donne vie aux autres éléments au lieu de leur faire la guerre, un espace dont chacun peut s’inspirer.