Rénovation : des bâtiments et des ponts qui se réparent tout seuls

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L'innovation du jour est une chronique de l'émission Europe Matin - 5h-7h
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Chaque jour, Anicet Mbida nous fait découvrir une innovation qui pourrait bien changer notre façon de consommer. Ce jeudi, il s'intéresse à une technique qui permet à la pierre de taille et au béton de s’auto-régénérer en cas de fissure.

L’innovation du jour, ce sont des bâtiments et des ponts qui se réparent tout seuls. On a mis au point une technique qui permet à la pierre de taille et au béton de s’auto-régénérer en cas de fissure.

Cela vous est forcément arrivé : voir une fissure apparaître au mur ou au plafond. Au début, ce n’est jamais trop grave. Mais il vaut mieux la reboucher avant que cela s’aggrave. Car il y a aussi toutes les fissures internes que l’on ne voit pas.

Imaginez maintenant un béton qui, une fois fissuré, va se colmater, se reboucher tout seul, sans que l’on n’ait rien à faire. C’est ce qu’ont mis au point des ingénieurs de l’université de Cardiff au pays de Galles. Il s’agit de bactéries spéciales que l’on incorpore à la mixture du béton. Dès qu’elles seront exposées à l’air, elles vont se multiplier et créer une sorte de colle minérale qui va rendre le béton auto-régénérant.

Donc ça ne marche que sur les nouvelles constructions, pas sur l’existant.

Si, ils ont aussi développé une lotion avec les mêmes bactéries. Elle va s’infiltrer au plus profond de la pierre ou du béton existant, pour leur donner ces fameuses capacités d’auto-régénération. Cela peut donc prolonger la vie des ouvrages existants.

Anicet Mbida a trouvé un chiffre ahurissant : en Europe, on dépense chaque année, entre 4 et 6 milliards d’euros pour surveiller et maintenir les ponts en état (on se souvient du pont de Gênes qui s’était écroulé en 2018). Avec ce traitement, on pourrait retarder l’apparition des fissures même dans les endroits impossibles à inspecter.

C’est encore au stade du laboratoire ou des bâtiments sont déjà traités.

Cela vient de sortir des labos. La technique a été testée pendant deux ans sur une abbaye du Xe siècle au pays de Galles. Et sa structure serait en bien meilleur état aujourd’hui. Le traitement pourrait donc rapidement se développer dans la rénovation.