Production de médicaments en France : un accord a été signé entre l'État et les industriels du secteur

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Un accord vient d’être signé entre l’État et les industriels du médicament parvenir à "une meilleure prise en compte des enjeux industriels dans la fixation des prix des médicaments". Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

La crise du Covid a mis en évidence les faiblesses de la production de médicaments sur le sol français. Les choses commencent à bouger.

Un accord vient d’être signé entre l’État et les industriels du médicament. L’objectif est de parvenir à "une meilleure prise en compte des enjeux industriels dans la fixation des prix des médicaments". Traduction : l’État a compris qu’il ne pouvait pas d’un côté exiger des industriels qu’ils réduisent les prix des médicaments et de l’autre se lamenter de voir notre industrie, année après année, réduire sa production sur le sol français. Or c’est ce qui se passe depuis plus de vingt ans. Nous étions à l’époque le premier producteur européen de médicaments. Aujourd’hui, nous avons dégringolé à la 4e place.

Et surtout nous sommes très distancés dans les médicaments innovants.

C’est l’autre enseignement de la crise. Nous fabriquons très peu de médicaments issus des biotechnologies sur le sol français, alors même que nous avons d’excellents chercheurs dans ce domaine. Mais c’est notamment parce qu’en France, la pression sur les prix est plus forte que chez nos voisins. Chaque année, la loi de Financement de la Sécurité sociale plafonne les dépenses de médicaments pour faire des économies, ce qui a pour conséquence d’inciter les labos à investir ailleurs, là où les perspectives de marges sont plus élevées.

On privilégie les économies sur la politique industrielle.

Et à cet égard, la crise du Covid a été un révélateur. La solution sur la table pour inverser la tendance et encourager la production en France passe par la fixation de prix des médicaments plus élevés et surtout stables pendant deux ans voire cinq ans, en tout cas pour les plus innovants. Autre mesure importante : des procédures plus rapides pour la mise sur le marché de médicaments innovants, avec des mécanismes de fixation des prix plus favorables aux labos pour les produits de thérapie génique et cellulaire. Il y a donc bien une prise de conscience de nos faiblesses industrielles par les pouvoirs publics. Est-ce que cela se traduira dans les faits par des mesures réellement plus favorables à l’industrie ? Réponse dans la prochaine loi de financement de la Sécu cet automne.