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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Au secours, la taxe carbone revient ! C’est cette hausse des taxes sur l’essence qui avait déclenché le mouvement des Gilets jaunes. Or le gouvernement n’a pas abandonné l’idée.

Ça peut paraître étonnant, voire politiquement suicidaire. Pourquoi diable s’entêter avec cette taxe carbone qui a provoqué la révolution sur les ronds-points ? Or c’est pourtant ce qu’a dit hier François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, au micro d’Audrey Crespo-Mara : "le sujet est sur la table, c’est le moment ou jamais d’en débattre".

 

Au risque de jouer avec le feu.

C‘est vrai, la matière est inflammable. Rappelons quand même les chiffres : avec la taxe carbone telle qu’elle était prévue avant que le gouvernement ne la suspende, le litre d’essence aurait augmenté de plus de 11 centimes d’ici 2022 et de plus de 22 centimes pour le diesel !

Et finalement, le gouvernement pourrait remettre ces taxes ?

Il veut au moins poser le débat. L’écrasante majorité des Français, plus de 80% selon les sondages, s’inquiètent du dérèglement du climat et le perçoivent. Une pétition contre l’État pour inaction dans la lutte contre le réchauffement climatique a déjà recueillie deux millions de signatures. Mais en même temps, les Français rejettent la taxation punitive du CO2. Est-il possible de concilier ces deux points de vue contradictoires ? Il y a une solution : elle consiste à ce que chaque euro de taxe carbone soit rendu aux Français. Autrement dit que tout ce que rapportent les taxes écolos soient redistribué, à l’euro près, pour financer la transition énergétique.

Ce qui n’a pas été fait jusqu’ici ?

Exactement. Dans le cas des taxes sur l’essence qui ont déclenché la crise des gilets jaunes, un quart seulement de ce qu’elles devaient rapporter était redistribué, les trois quarts allaient dans les poches de l’État. Si on redistribue tout pour financer la transition énergétique, ça devient une autre histoire. C’est nettement plus acceptable. C’est cette idée que le gouvernement veut mettre sur la table. Dommage de ne pas y avoir pensé avant.