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En six mois de covid, le rapport au bureau a changé pour toute une génération. De plus en plus d'entreprises cherchent à diminuer leur surface face à la mise en place massive du télétravail. Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Le virus du Covid-19 n’en finit pas de s’immiscer dans les moindres recoins de l’économie, jusqu’à bouleverser le marché de l’immobilier de bureau.

On n’a jamais autant entendu ce mot d’ordre dans les entreprises : "il faut rendre des mètres carrés". Avec le développement du télétravail, les bureaux se vident et les DRH comptent les êtres carrés en trop. Les employeurs se frottent les mains, ils vont pouvoir diminuer les surfaces qu’ils louent pour espérer amortir un peu l’impact de la crise. Si autant d’entreprises cherchent à rendre des mètres carrés, c’est parce que, globalement, l’immobilier est le deuxième poste de dépenses des entreprises après les salaires. À Paris, par exemple, ça coûte en moyenne 18.000 euros de louer un espace de travail pour un salarié dans un des arrondissements du centre de la capitale.

À ce tarif, on fait vite des économies.

La renégociation des baux, qui sont souvent signés pour six ou neuf ans, est en train de devenir un sport national. Les propriétaires de bureaux comprennent qu’ils ont intérêt à négocier eux aussi car mieux vaut louer moins cher que de se retrouver avec des bureaux vides sur les bras. On voit aussi un nouveau phénomène qui n’existait pratiquement pas avant le Covid sur le marché des bureaux: la sous-location. Environ 200.000 mètres carrés seraient sous-loués aujourd’hui en Île-de-France sur trois millions de mètres carrés, ce qui n’est donc pas négligeable et va certainement se développer.

Derrière ces économies, il y a aussi une nouvelle organisation du travail qui se met en place.

C’est le plus important. Il y a une part de définitif dans ces changements. Dans beaucoup d’entreprise, la nouvelle norme tourne autour de deux jours de télétravail par semaine, parfois trois. Et on ne reviendra pas en arrière. Adecco, le géant de l’intérim a fait un sondage dans huit pays. Conclusion, les gens pensent que l’avenir du travail, ce sera 50% de présentiel et 50% de travail à distance. Cela signifie qu’il y aura durablement moins de besoins de bureaux. On ne sait pas jusqu’où ira cette tendance. Mais ce qui est sûr, c’est qu’en six mois de covid, le rapport au bureau a changé pour toute une génération.