Cérémonie du 11 novembre au Panthéon : l'histoire au coeur du quinquennat d'Emmanuel Macron

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce mercredi, il s'intéresse à l'appétence d'Emmanuel Macron pour l'histoire. En un an, il a présidé six commémorations, six cérémonies avec souvent des grands discours et le décorum républicain.

Avec Maurice Genevoix, ce sera la deuxième fois qu’Emmanuel Macron fait entrer quelqu’un au Panthéon. Il y a deux ans, il avait en effet "panthéonisé" Simone Veil et son mari Antoine.

Deux en si peu de temps, c’est frappant. Dans tout son quinquennat, François Hollande a fait une entrée groupée de quatre résistants célèbres. Nicolas Sarkozy a honoré Aimé Césaire. Jacques Chirac fera, lui, entrer dans cette nécropole républicaine André Malraux, puis, lors de son second mandat, Alexandre Dumas. Au rythme où vont les choses, Emmanuel Macron pourrait battre le record de François Mitterrand avec sept entrées en 14 ans. C’est sûr, l’ancien président socialiste a bien mérité de sa réputation d’homme marqué par l’histoire.

Ce serait donc le cas aussi d’Emmanuel Macron ?

En tout cas, c’est un Président qui invoque beaucoup l’histoire. Rien que cette année, six commémorations, six cérémonies avec souvent des grands discours et le décorum républicain. Au printemps, commémoration de la Bataille de France à Moncornet, puis 80e anniversaire de l’Appel du 18 Juin du Général De Gaulle. Emmanuel Macron ira même à Londres pour décorer la ville de la Légion d’Honneur. Début septembre, 150e anniversaire de la fondation de la République, en fait la IIIème du nom, en 1870. Et puis, retour à l’année De Gaulle, il y a deux jours, avec le 50e anniversaire de sa mort. Et enfin, l’entrée au Panthéon de Maurice Genevoix, écrivain et, en l’occurrence, grand témoin de l’histoire de la Première guerre mondiale et le centième anniversaire de la Tombe du Soldat inconnu. Et encore, on pourrait ajouter à ce florilège les désormais nombreuses interventions du chef de l’État sur un aspect plus douloureux de notre histoire, celui du colonialisme et de tout ce qui a suivi le mouvement de déboulonnage des statues.

Sauf que là, ce n’était pas son choix. C’est l’actualité qui s’imposait à lui, qui imposait l’histoire dans le débat.

C’est vrai mais difficile d’ignorer cette appétence d’Emmanuel Macron pour la figure historique. On le sait depuis François Mitterrand et ses sept "panthéonisés", l’acte de faire entrer un homme ou une femme au Panthéon est à la fois un geste politique et une façon, pour celui qui le décide, de s’identifier à un glorieux modèle dans la mémoire nationale. Chez Emmanuel Macron, c’est une constante, avec une vision très intense du héros. C’est Jeanne d’Arc, pendant sa campagne électorale. Ça avait d’ailleurs beaucoup fait jaser, cette transgression par rapport à sa famille politique de l’époque. Et puis, c’est une série de références à l’absence d’un roi dans la politique française.

Emmanuel Macron n’est tout de même pas monarchiste !

Non, bien sûr, mais c’est le symbole qui l’intéresse. Il le disait avant d’être élu : en France, la démocratie "ne se suffit pas à elle-même". À part avec De Gaulle, la démocratie "ne remplit pas cet espace". Tout ça parce qu’il y a "dans la politique française un grand absent : c’est la figure du roi". Quelques mots qui disent beaucoup sur sa conception du pouvoir.