Réouverture des commerces : "100.000 entreprises seront appelées à disparaitre" d'ici 2022

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Des entreprises pourtant encore aidées par l'Etat risquent de disparaître si leurs échéances de remboursement ne sont pas allongés, selon le représentant de la CPME.
Des entreprises pourtant encore aidées par l'Etat risquent de disparaître si leurs échéances de remboursement ne sont pas allongés, selon le représentant de la CPME. © Philippe LOPEZ / AFP
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Alors que les entreprises sont toujours sous perfusion de l'Etat, Jean-Eudes Du Mesnil, secrétaire général de la CPME, Confédération des petites et moyennes entreprises, a affirmé sur Europe 1 dimanche "que malheureusement, autour de 100 000 entreprises seront appelés à disparaître" d'ici 2021 ou 2022.
INTERVIEW

"On est très attentifs à la façon dont on va faire évoluer les aides, ne pas les débrancher trop vite, ne pas mettre les entreprises en difficulté", avait assuré samedi, au micro d'Europe Soir, la ministre du Travail Elisabeth Borne. Invité de la matinale d'Europe 1 dimanche, Jean-Eudes Du Mesnil, secrétaire général de la CPME, Confédération des petites et moyennes entreprises, a malgré tout estimé "que malheureusement, autour de 100.000 entreprises seront appelées à disparaître". "Est-ce que ça sera en 2021 ou en 2022? Ça, on ne le sait pas. Ça dépendra du débranchement des systèmes d'aide qui existent aujourd'hui". 

"Taux d'endettement beaucoup plus important"

Pourquoi ces entreprises devraient disparaître , alors qu'en 2020, il y a eu moins de défaillances d'entreprises que d'habitude ? "C'est tout le paradoxe", déplore Jean-Eudes Du Mesnil. "Il va y avoir mécaniquement un rattrapage. Certes, elles ont été aidées, mais elles ont un taux d'endettement beaucoup plus important. Et certaines d'entre elles, oui, ne pourront pas malheureusement passer le cap" de 2021 ou 2022. 

Un prêt de consolidation pour étaler les remboursements

C'est pour cette raison que la CPME demande notamment un "prêt de consolidation" qui permettrait un élargissement du délai de remboursement. "Quand un particulier est surendetté, on regarde l'ensemble de ses dettes, on décide d'une nouvelle durée de remboursement  - ce qui fait que les échéances à rembourser chaque mois sont beaucoup moins importantes. Et c'est ça dont vont avoir besoin un grand nombre d'entreprises qui avaient déjà des dettes préalablement au Covid", affirme le secrétaire général de la Confédération. En effet, "avec les différents remboursements qu'elles vont devoir faire, leur taux d'endettement va très fortement progresser, ce qui nécessiterait une forte augmentation de leur chiffre d'affaires pour pouvoir se maintenir." 

Elisabeth Borne avait indiqué samedi qu'il existait "des dispositifs comme l’activité partielle de longue durée, qui permet à une entreprise, dont l’activité ne repartira pas dans les prochains mois, de bénéficier de conditions favorables sur l’activité partielle pendant deux ans". Reste à savoir si cela sera suffisant, ou si, comme le pense Jean-Eudes Du Mesnil, il n'y aura "pas d'autre choix" que de mettre en place un prêt consolidation.

Europe 1
Par Séverine Mermilliod