Rentrée scolaire : "Le cahier acheté en septembre est trois fois moins cher qu'en avril"

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Invité de l'interview économique d'Emmanuel Duteil sur Europe 1, Guillaume Nusse, à la tête de la marque de papeterie Clairefontaine, explique les enjeux de la rentrée pour son entreprise.
INTERVIEW

Qui dit rentrée scolaire dit agitation. Celle des professeurs et personnels de l'éducation nationale qui découvrent leurs tâches et leurs emplois du temps, celle des enfants et de leurs parents. Agitation, aussi, des entreprises pour qui ce moment de l'année est crucial. C'est le cas notamment des marques de fournitures scolaires comme Clairefontaine. "La tendance de consommer plus tôt, au mois de juillet, est très marginale", confie le PDG de la marque de papeterie, Guillaume Nusse, dans l'interview économique d'Emmanuel Duteil, sur Europe 1. "C'est vraiment maintenant [fin août, début septembre] que cela se passe. Les familles auront les listes scolaires la semaine prochaine, cela va être le rush."

 

Écoutez l'interview intégrale de Guillaume Nusse à 22h20 dans le journal de la nuit d'Isabelle Millet. Le replay de l'émission est à retrouver ici.

Le cahier 96 pages, star de la rentrée. Difficile donc pour Clairefontaine d'observer d'ores et déjà des tendances nettes, mais Guillaume Nusse anticipe une activité "relativement stable". Pour cela, le groupe s'appuie sur quelques produits phares, notamment le célèbre cahier 24x32 de 96 pages, qui reste ce qui apparaît le plus souvent, et dans les plus grandes quantités, sur les listes de fournitures scolaires. Et bonne nouvelle pour les consommateurs : ce n'est pas ce qui va faire le plus mal au porte-monnaie. "Ce produit-là, vous allez le trouver autour de deux ou trois euros, et cela va servir jusqu'en juin", souligne Guillaume Nusse. "Nos produits ne coûtent vraiment pas cher."

Des prix intéressants en septembre... Et ce n'est pas parce que c'est la ruée de la rentrée que la marque en profite. En réalité, elle compte plus sur le flux d'acheteurs que sur le prix à l'unité pour dynamiser son activité. Résultat, "le cahier acheté aujourd'hui coûte trois fois moins cher que le même acheté en avril", certifie le PDG de Clairefontaine, qui assure que "beaucoup d'acteurs font des efforts", tant les fabricants que les distributeurs. En outre, la papeterie n'est pas le principal poste de dépense des fournitures scolaires. "Dans les montants affichés, la partie textile et la partie inscription aux différentes activités pèsent beaucoup [plus] sur les familles."

" Le commerce est un rapport de force. C'est pour cela qu'on fait des marques fortes. "

…mais qui augmenteront l'année prochaine. Pourtant, l'économie française fait face à un phénomène d'inflation : les prix ont augmenté de 2,3% sur un an. Comme l'explique Guillaume Nusse, cela ne s'en ressentira pas pour cette rentrée, les prix ayant déjà été fixés avec les distributeurs. En revanche, il faut s'attendre à "une augmentation l'année prochaine, d'environ 5%", prévient le PDG. D'autant que le tarif de la pâte à papier, principal composant de nombreux produits Clairefontaine, a bondi de 20%.

Cette hausse des tarifs, Guillaume Nusse estime qu'il n'aura aucun mal à l'imposer à la grande distribution. "Le commerce est un rapport de force", explique-t-il sur Europe 1. Pour pouvoir vendre plus cher aux distributeurs, Clairefontaine mise sur la qualité des produits. "On fait des marques fortes", résume le PDG du groupe. En revanche, il a renoncé à surfer sur la vague de la Coupe du monde 2018 en sortant des produits siglés. "On l'avait fait en 1998, en 2000, en 2002… on s'était bien plantés", l'Équipe de France ayant été éliminée dès les phases de poule cette année-là. Depuis, Clairefontaine ne prend plus le risque. D'autant que ce genre de marketing concerne plus "la partie bagagerie et les agendas. Les cahiers utilisés par les élèves, c'est sérieux."