Réforme des retraites : "on pourra changer une virgule ou un point", déplore Philippe Martinez

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Invité vendredi d'Europe 1, le secrétaire général de la CGT a regretté l'absence d'écoute du gouvernement vis à vis des propositions des syndicats pour la prochaine réforme des retraites. 
INTERVIEW

Du côté de la CGT, la concertation sur les retraites ne convainc pas. Jeudi et vendredi, les partenaires sociaux ont été reçus par le Premier ministre Édouard Philippe, la ministre des Solidarités Agnès Buzyn et le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye pour aborder la future réforme. Invité vendredi d'Europe 1, l'un des participants, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, s'est montré pessimiste quant aux chances de son syndicat d'influencer le texte du gouvernement. "À la marge, on pourra changer une virgule ou un point", déplore-t-il. 

"Ils n'ont pas changé, malgré leurs déclarations", explique-t-il au micro de David Doukhan à propos du gouvernement. "Ils ont une idée précise de ce qu'ils veulent faire, et à la marge, éventuellement, on pourra changer une virgule ou un point", prévoit-il. Et de regretter : "c'est comme ça qu'ils pratiquent depuis deux ans et demi". 

"Un rapport qui ne prend en compte aucune de nos propositions"

"À chaque fois, ils nous disent 'on a changé', et ils nous servent le même plat", déplore encore Philippe Martinez, qui fustige également le rapport du haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, nouvel entrant au gouvernement. Un texte  qui préconise un système par points remplaçant les 42 régimes existants et un âge de départ de 64 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein. "On a discuté 18 mois avec Jean-Paul Delevoye. On a raté aucun rendez vous. Et on a un rapport qui ne prend en compte aucune de nos propositions", s'agace le leader syndical. 

Alors que le gouvernement n'a rien dévoilé du calendrier et de la méthode de la nouvelle concertation à venir, que le Premier ministre précisera la semaine prochaine, Philippe Martinez refuse de confirmer la participation de son syndicat. "On décidera collectivement à la CGT", indique-t-il. Pour la CGT, c'est surtout dans la rue que cela se jouera désormais, le syndicat misant sur la mobilisation, avec trois dates programmées les 20, 24 et 27 septembre. 

Europe 1
Par Antoine Terrel