Recyclage des déchets : "On trie deux fois en moins en ville qu’à la campagne"

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Invité d’Europe 1, le patron de Citeo, entreprise chargée du recyclage des déchets des particuliers et des entreprises, estime qu’il faut accélérer la collecte des déchets en zone urbaine.

INTERVIEW

Les fêtes de fin d’année sont là et avec elles viennent les repas de famille et leur pléthore de convives, de plats et… de déchets. L’emballage du foie gras peut-il être trié avec les plastiques ? Et le carton de la bûche de Noël se mélange-t-il au papier malgré les restes de chocolat ? "Aujourd’hui, tous les emballages alimentaires et tous les papiers peuvent être mis dans la poubelle de tri, y compris ceux qui ont touché des aliments", répond Jean Hornain, directeur général de Citeo, invité de l’interview éco d’Emmanuel Duteil, jeudi sur Europe 1.

Écoutez l'interview intégrale de Jean Hornain à 22h20 dans le journal de la nuit d'Isabelle Millet. Le replay de l'émission est à retrouver ici.

Mieux recycler le plastique. Le tri sélectif est désormais bien ancré dans l’esprit des Français mais ça n’empêche certains d’être parfois hésitants au moment de jeter leurs déchets, notamment plastiques. "Ça reste encore compliqué mais on simplifie le système. Pour le plastique, on est en train d’étendre la consigne de tri pour que, d’ici quatre ans, les Français puissent mettre tous leurs emballages plastiques dans la poubelle de tri", avance le patron de Citeo, entreprise chargée du recyclage des déchets des particuliers et des entreprises.

Pour mieux informer les Français, mais aussi recueillir leurs idées, Citeo organise des ateliers citoyens (deux ont déjà eu lieu à Marseille et Strasbourg). "Ce qui en ressort, ce sont des idées de bon sens. On nous demande de simplifier le geste de tri, d’harmoniser la collecte en France, mais aussi de mieux valoriser le recyclage, par exemple avec une gratification", explique Jean Hornain.

De nouveaux bacs de tri dans les grandes villes. Dans le but d’améliorer le tri des déchets en France, Citeo va donc accélérer le déploiement de "points de collecte en zone urbaine". "Dès l’an prochain, à Paris, on va installer des Trilib', des bacs de tri, pour densifier les points de collecte des emballages et des papiers dans l’espace public", annonce le patron de Citeo. "C’est un vrai sujet : on trie deux fois en moins en ville qu’à la campagne alors que c’est là qu’on consomme le plus", ajoute-t-il. La faute, notamment aux "20-40 ans qui habitent des petits appartements" et n’ont pas la place d’avoir des bacs de tri chez eux.

Si Citeo accélère dans le recyclage en zone urbaine, c’est parce qu’il y a de la marge. "Aujourd’hui, on atteint un taux de recyclage de 69% et on sera à 70% l’année prochaine. On a très bien réussi pour le verre, le carton et les métaux mais il y a de vrais progrès à faire pour le plastique, à la fois en matière d’écoconception et évidemment sur le tri", souligne Jean Hornain.

Entendu sur europe1 :
Il y a de vrais progrès à faire pour le tri du plastique

Les bons recycleurs récompensés ? Pour faire mieux, Citeo compte sur l’investissement des citoyens, quitte à récompenser les bons recycleurs au détriment des mauvais. "Il existe ce qu’on appelle la tarification incitative qui consiste à payer sa taxe pour la poubelle ordinaire en fonction de sa consommation de déchets ordinaires. Plus on trie, moins il y a de déchets dans la poubelle ordinaire et donc moins on paye", explique Jean Hornain.

Aujourd’hui, cinq millions de Français sont soumis à ce régime particulier, mis en place sur décision des maires. "Ça marche : on s’aperçoit que le volume de déchets de la poubelle ordinaire baisse jusqu’à 50% pendant que celui de la poubelle de tri monte de 25-30%", assure le patron de Citeo, qui espère pouvoir généraliser cette fiscalité locale particulière sur les déchets à un tiers de la population française d’ici quatre ou cinq ans".