Rapport sur l'état de ponts : "Si le gouvernement ne fait rien, il expose les Français" à des catastrophes, prévient Hervé Maurey

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Le sénateur et président de la mission d'information sur la sécurité des ponts, Hervé Maurey, alerte au micro d'Europe 1 jeudi sur l'état des ponts en France. Il estime que l'État est désormais forcé d'agir sous peine d'exposer les Français.
INTERVIEW

Au moins 25.000 ponts routiers sont dans un état préoccupant, alerte un rapport sénatorial dévoilé jeudi commandé au lendemain de l'effondrement du viaduc de Gênes, en Italie, qui avait fait 43 morts. Le sénateur de l'Eure, en Normandie, et président de la mission d'information sur la sécurité des ponts Hervé Maurey estime jeudi au micro de Nikos Aliagas que l'État doit agir.

Des ponts en fin de vie

Le rapport pointe en premier lieu que le nombre exact de ponts n'est pas connu. Il l'estime entre 200.000 et 250.000 parmi lesquels 25.000 sont en mauvais état. "On n'a jamais considéré les ponts comme des éléments de patrimoine qui doivent être suivis", regrette le sénateur. Pourtant ceux-ci sont un enjeu de sécurité sur le territoire.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Étant donné que la durée de vie moyenne d'un pont est de 70 ans et que nombre d'entre eux ont été construits dans l'après-guerre, parfois sans respecter les règles de l'art, "ils arrivent en fin de vie", édicte Hervé Maurey. "À cela s'ajoutent des phénomènes d'accélération du vieillissement avec le réchauffement climatique et les GPS qui envoient sur des ponts qui n'ont pas forcément été calibrés pour cela, des véhicules lourds", ajoute-t-il. 

"S'il devait arriver une catastrophe"...

Maintenant qu'un tel bilan a été dressé par le rapport parlementaire, le sénateur estime que "s'il devait arriver une catastrophe, si le gouvernement ne fait rien, il s'expose et expose surtout les Français." Pour remédier à ce problème, le rapport préconise de mettre en place un "plan Marshall" avec quelque 130 millions d'euros investis chaque année pendant dix ans. Aujourd'hui, l'État dépense 45 millions d'euros pour l'entretien des ponts qui relèvent de sa responsabilité, soit 25.000 d'entre eux (100.000 et 120.000 ponts relèvent des départements auxquels s'ajoutent les ponts communaux plus difficiles encore à recenser).

Les sénateurs proposent également la mise en place d'un fonds dédié alloué aux collectivités territoriales pour "faire un diagnostic et remettre leurs ponts en état". Et quant à la provenance de ces sommes, le rapport propose de réallouer les crédits réservés à la remise en état des tunnels. Le plan lancé après le drame du tunnel du Mont Blanc de 1999 arrivant à échéance en 2021, le timing pourrait correspondre, suggère Hervé Maurey.