La situation financière de la France est alarmante. Selon un rapport de quatre économistes missionnés par Bercy, à politique constante, les dépenses exploseront d'ici 2030.
C’est un rapport explosif qui vient s’ajouter aux mises en garde successives du FMI et de la Cour des comptes. Missionnés par Bercy il y a quelques semaines pour faire la transparence sur l’état des finances publiques, quatre économistes ont rendu leurs travaux mercredi soir.
Il leur était notamment demandé de mesurer les conséquences de l’évolution spontanée de la dépense publique à politique constante, c’est-à-dire sans mesure d’économie budgétaires ni nouveaux investissements dans les prochains projets de loi de finances.
Des dépenses qui explosent
Car, même sans intervention de l'État, les dépenses augmentent naturellement. A politique inchangée, les dépenses concernant les retraites bondiront de 47 milliards d'euros d'ici 2030, tandis que celle de la santé augmenteront de 40 milliards dans la même période.
La charge de la dette augmentera, elle, de 46 milliards d'euros. Dans cette hypothèse, la France achèverait la décennie avec un déficit public flirtant avec les 7% du PIB contre 5,1% actuellement.
Prioriser la baisse des dépenses publiques
La dette publique poursuivrait sa course effrénée pour atteindre 130% du PIB en 2030 contre 118% aujourd’hui. Autant d’éléments qui placeraient un peu plus la France à la merci des marchés financiers ,s’alarment les experts, qui soulignent que la situation tricolore est déjà intenable dans un contexte de hausse des taux d'intérêts qui font flamber la charge de la dette.
Face à ces perspectives vertigineuses, les experts appellent le gouvernement à activer tous les leviers possible en priorisant la baisse de la dépense publique, qui pèse 46% du PIB.
Dès le prochains budget, les experts plaident pour une année blanche sur les prestations sociales, les retraites et les salaires de la fonction publique. Car la marche est gigantesque. Pour faire passer le déficit public sous les 3% du PIB, condition inévitable pour stabiliser la dette publique, il faudra économiser 126 milliards d’euros d’ici la fin du prochain quinquennat, en 2032.