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Prix de l'essence à la pompe : «Trop tôt» pour parler de nouvelles aides, indique Maud Bregeon

[Telmo Pinto / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Alors que le prix du baril de pétrole a dépassé dimanche les 100 dollars le baril, Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie a affirmé qu'il était "trop tôt" pour parler de nouvelles aides à l'achat de carburant. La ministre a par ailleurs ajouté qu'il n'était "en aucune façon" question de racheter du gaz russe. 

Il est "trop tôt" pour parler de nouvelles aides à l'achat de carburant, a déclaré lundi la ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, alors que le prix du baril de pétrole a dépassé dimanche les 100 dollars le baril. "Aujourd'hui il est trop tôt pour en parler. Je le redis, nous étudions tous les scénarios", a déclaré Maud Bregeon, interrogée sur RTL quant à la possibilité de mettre en place des aides ciblées face à la hausse des prix de l'essence et du gasoil à la pompe.

Plusieurs partis politiques, dont le Rassemblement national et La France insoumise, se sont émus ces derniers jours de cette hausse des prix, appelant, pour le premier à une baisse des taxes sur les carburants et pour la seconde à un blocage des prix. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé dimanche "un plan exceptionnel de 500 contrôles" dans les stations-service par la répression des fraudes (DGCCRF), "entre lundi et mercredi", pour éviter les "hausses abusives des prix à la pompe".

dES COURS JAMAIS VUS DEPUIS 2022

Avec des cours jamais vus depuis 2022, les automobilistes sont pris au piège en France. Certains stations-service affichent des prix supérieurs à 2 euros le litre, qui devient d'ailleurs la moyenne nationale pour le gazole. Le prix de ce dernier a flambé de 24 centimes en une semaine. De son côté, le sans-plomb 95 se rapproche avec un prix affiché d'1,90 euros. 

Une situation alarmante selon, Nicolas Goldberg, spécialiste énergie chez Columbus Consulting. "On peut déjà parler de choc pétrolier. On était à 60 euros , il n'y a pas si longtemps sur les marchés, aujourd'hui nous sommes à 120 euros". Le spécialiste l'assure, "la suite de la situation va être très difficile à prédire". 

Et pour cause, "vous avez des phénomènes d'auto-régulation. Quand les prix montent au-dessus d'un certain niveau, la demande chute et cela agit sur les prix. Il faut donc faire attention à ne pas aller sur des blocages de prix ou des ristournes, car cela tuerait cet effet qui présente quand même des vertus". 

"Des distributeurs qui jouent le jeu" 

"Nous recevrons de nouveau les distributeurs en fin de semaine avec Roland Lescure (ministre de l'Economie, ndlr), pour faire un point, un état des lieux avec eux en fonction des résultats des trois jours à venir", a souligné Maud Bregeon. "Il y a évidemment des distributeurs qui jouent le jeu. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier, mais il y a, de toute évidence, (...) des prix qui ont été rehaussés trop tôt" et "dans certains cas des abus", a notamment relevé la ministre.

"Notre responsabilité, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'abus d'abord vis à vis des distributeurs et plus globalement de l'ensemble de la chaîne de valeur (...) On n'hésitera pas à pointer du doigt ceux qui profiteraient de la situation ", a-t-elle ajouté. Maud Bregeon a par ailleurs assuré qu'il n'y avait "pas de risque de pénurie", qu'il s'agisse de pétrole, mais aussi de gaz ou d'électricité.

Alors que le prix du gaz européen a bondi d'environ 30% lundi, la ministre a ajouté qu'il n'était "en aucune façon" question de racheter du gaz russe. "Nous sommes dans une situation très différente de celle de 2022, puisque le parc nucléaire fonctionne à plein (...) Nous sommes moins dépendants du gaz que ce que nous étions dépendants il y a trois ou quatre ans", a-t-elle précisé.